Commentaire descriptif de l'édifice
L’implantation en décalé par rapport à l’immeuble voisin créé un effet de surprise et un espace de respiration sur le quai ; Curtelin utilise la structure de l’immeuble comme support de sa décoration. On retrouve ici le principe de plusieurs de ses œuvres comme à l’église de Bethléem à Paray-le-Monial. L’immeuble en U s’organise autour d’une cour qui s’ouvre sur le Rhône. Son entrée se fait par une grille métallique ornée de personnages feminins, donnant accès à une cour dont le calepinage du sol est réalisé avec une grande précision. Les façades et la cour sont traitées avec la même minutie qui crée une athmosphère d’une rare élégance : colonnes, bacs à fleurs, luminaires, ferronneries… L’angle de la rue est traité avec rigueur et créativité, baies et balcons se prolongeant sur la rue de l’arbre sec, afin d’ouvrir la vue sur le Rhône. Le rez-de-chaussée est traité de façon différente de l’ensemble de l’immeuble : la force des horizontales soutenues par un bandeau en forme de frise avec métope et triglyphe, s’oppose la verticalité du reste des façades, appuyée par le traitement des ouvertures et accentuée par les bow-windows des deux ailes sur rue. Ces verticales se terminent par des amortissements abstraits qui ne sont pas sans rappeler les arches de Tony Garnier à Gerland. Dans la cour un traitement en redents amène le visiteur vers les différentes entrées traitées avec une ornementation faite de colonnes doriques dans les ailes et façon péristyle en fond de la cour pour conduire aux différents escaliers par un couloir de distribution. Les niveau 1 à 6 sont conçus de façon identique. Les 3 cages d’escaliers desservent 2 appartements chacune. Les appartements les plus vastes sont situés dans les ailes du bâtiment et sont largement ouverts sur le Rhône. Les appartements moyens se situent quant à eux de part et d’autre de l’escalier central avec des ouvertures sur la cour et sur la rue Commarmot. Les petits appartements servent enfin de liaison entre les ailes et le la partie centrale. Le niveau 7 est traité avec encore plus de prestige pour l’appartement des Frères Lumière (propriétaire et domestiques), desservi par un ascenseur. La création de balcons impliqua des changements constructifs (allègement des parois). Les autres appartements de l’étage sont sur le même modèle que les niveaux 1 à 6. Il faut enfin faire mention du traitement réalisé pour l’entrée des garages. L’immeuble est un des premiers à adopter des garages en sous-sol. Il innove dans le traitement de la rampe d’accès, balancée comme un escalier. La recherche du bien être des utilisateurs dans leur quotidien s’applique à l’ensemble de l’opération.