Architecture industrielle ; usine ; usine génératrice d'énergie ; centrale électrique
Centrale nucléaire de production d'électricité (CNPE) de Chinon
Centre-Val de Loire ; Indre-et-Loire (37) ; Avoine ; Route départementale 7 ; route départementale 749
Route départementale 7 ; route départementale 749
20e siècle
20e siècle
1957 ; 1963
Créé en 1945 sur décision du général de Gaulle, le Commissariat à l'Énergie atomique (CEA) développe, au cours des années 1950, la technologie des réacteurs nucléaires refroidis au gaz (UNGG), en premier lieu dans une perspective militaire. L'exploitation de l'atome à usage civil est parallèlement envisagée par EDF, qui engage en 1956 l'étude d'une première centrale de production d'électricité à Avoine, village du Chinonais situé en bord de Loire. Si le réacteur lui-même est conçu par les ingénieurs de la compagnie publique, les architectes Pierre Dufau et Jean Démaret, déjà auteurs de nombreuses constructions dans le domaine industriel, sont chargés de l'établissement du plan d'ensemble du site, ainsi que de l'étude des bâtiments non nucléaires.
Le premier réacteur, dénommé A1, développe une puissance électrique nette de 68 MW, et est placé dans un caisson cylindrique d'acier doublé d'une coque de béton. Ce sarcophage, associé aux échangeurs de chaleur, est contenu dans une sphère autoporteuse en acier, d'un diamètre de 55 m., et d'un poids de 1 800 tonnes. Le refroidissement de la centrale est permis par le creusement d'un canal d'arrivée d'eau venant de la Loire, un château d'eau en forme de fût cylindrique étant construit à son extrémité. Les mêmes architectes réaliseront deux réacteurs supplémentaires, dénommés A2 et A3, et respectivement mis en service en 1965 et 1966. L'enveloppe sphérique est abandonnée par EDF, ces réacteurs de plus forte puissance étant logés dans des blocs en béton armé dont les volumes sont beaucoup plus importants. Quatre autres réacteurs, faisant appel à la technologie américaine à eau pressurisée, sont ensuite mis en service entre 1984 et 1988, sur les plans de l'architecte Michel Homberg. Les tranches A2 et A3, arrêtées, sont progressivement démolies tandis que la tranche A1, après démantèlement des installations nucléaires, a été converti en musée de l'Atome.
La centrale nucléaire de Chinon incarne ainsi un volet important de l'histoire énergétique de la France, ayant supporté la première expérimentation de production d'électricité destinée à la population. Icône de la modernité des Trente Glorieuses et de l'ambition de la France gaullienne, la sphère du réacteur A1 devient un temps le symbole de l'énergie atomique. Cette œuvre issue du travail commun des architectes et des ingénieurs, si elle est aujourd'hui désaffectée, témoigne du goût de l'époque pour les formes simples et géométriques, la sphère rappelant le noyau de l’atome, en même temps que de la volonté de proposer une image renouvelée des centrales électriques. Cette exigence est par ailleurs renforcée par la qualité remarquable du site.
2016
2020
La Manufacture du Patrimoine
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