Commentaire descriptif de l'édifice
La Cité Marine de Port-La-Galère est une résidence de luxe composée d'immeubles de trois à quatre niveaux en moyenne offrant au total 400 appartements orientés vers la mer. Elle est équipée d'un port privé, d'une capitainerie, de commerces, d'un club d'été et d'un club d'hiver, chacun avec piscine et restaurant. Elle offre de très nombreux espaces extérieurs, jardins et plages artificielles.
D'inspiration organique, chaque bâtiment est identifié à une ''grappe'' de logements accessibles par des systèmes de passerelles. La structure proliférante des bâtiments réinterprète, sous une forme pittoresque appuyée, le thème du vernaculaire. Au lyrisme des masses font écho les éléments de second œuvre et de décoration en ferronnerie, cuivre, céramique et verre coloré, calés sur un vocabulaire de formes organiques, d'esprit populaire, inventif et joyeux.
En cours de chantier le langage plastique des façades a évolué dans un esprit que l'on peut imaginer plus redevable à Leopold Vitorge qu'à Jacques Couëlle. Les courbes de l'architecture sculpture s'aplanissent et se simplifient progressivement. Vitorge abandonne l'aspect ondulant de l'ensemble pour lui préférer un dessin de retournement vertical des gardes corps, loin des façades des premiers logements réalisés en front de mer sous la direction de Couëlle, évoquant des nids d'insectes creusés dans la roche. Vitorge simplifie la volumétrie globale et renforce l'horizontalité des façades modifiant la trame structurelle qui passe de 5 à 7 mètres de largeur. Selon la technique de Couëlle, les façades sont modelées en plâtre sur armatures métalliques accrochées à la structure des bâtiments.
La répartition intérieure des logements est étrangère à l'univers de Jacques Couëlle et à sa recherche d'organicité. Au total, la participation directe de Jacques Couëlle au chantier peut être circonscrite à la seule réalisation de l'hôtel dit Club d'Hiver. Le sculpteur Toni Grand réalise la porte d'entrée et les "grilles" des fenêtres de cet édifice (et sans doute aussi le foyer de la cheminée). Fidèle à sa première manière, Jacques Couëlle y insère des éléments anciens récupérés (fronton néo-classique en pierre).