Commentaire descriptif de l'édifice
L’hôtel des postes d’Avignon répond aux besoins d’un chef-lieu de département important. Il regroupe en un seul édifice les services postaux, téléphoniques et télégraphiques ainsi que la direction départementale des PTT et trois appartements (receveur, chef du centre téléphonique et directeur départemental). Le terrain imparti à sa construction est long et étroit. Il est bordé par la Chambre de commerce (est), les remparts (sud), la rue Saint-Charles (ouest) et l’ancien hospice Saint-Louis (nord). L’édifice est implanté le long d’une esplanade, en retrait d’environ 40 mètres par rapport aux remparts. La façade principale se développe sur plus de 100 mètres, orientation sud qui assure un éclairage optimal à l’ensemble des locaux. Les ailes en retour sur la rue Saint-Charles et sur la cour de service donnent au bâtiment la forme d’un F. Sa hauteur maximale -15 mètres à l’arase de la toiture – le rend quasiment invisible de l’extérieur des remparts. Son corps principal comprend un sous-sol technique (cuvelé pour faire face aux risques d’inondation du Rhône), un rez-de-chaussée surélevé (courrier) et deux étages (téléphone interurbain et direction départementale). L’aile Saint-Charles est dévolue aux services du téléphone et du télégraphe. Les appartements sont regroupés à l’extrémité est de l’édifice. L’ordonnance classique du bâtiment – portique, colonnes, pilastres, ordre colossal, étages nobles, corniche et attique – tend à exprimer la grandeur du service public. Derrière son enveloppe monumentale, il révèle sa modernité grâce à des espaces intérieurs clairs et fonctionnels. Des panneaux décoratifs, peints par Pierre Ambroggiani en 1961-1962, ornent la salle des guichets. Ils constituent, conformément au vœu de l’architecte, des frises figurées ayant trait à l’histoire, aux paysages, aux personnages et aux édifices emblématiques d’Avignon et du Comtat venaissin. L’hôtel des postes n’a cessé de s’adapter aux besoins de son administration. Par deux fois, en 1965-1967 et 1972-1973, Eugène Chirié agrandit le bâtiment. En 1990, suite à la loi Quilès, les locaux sont répartis entre La Poste et France Télécom qui les occupent toujours. La salle des guichets a été rénovée en 2007 : bien que son volume soit proche de l’initial, elle ne conserve de son décor originel que le sol en marbre et les peintures d’Ambroggiani.