Commentaire descriptif de l'édifice
L’ensemble dénombre 380 logements et 2100m2 de commerces. Les appartements d’une hauteur sous plafond régulière de 2,50 m ont été réalisés sur la base d’un prix de 2779,9 francs par m2 en 1982. Le chantier a procédé par coffrages tunnels pour les voiles de béton in situ et grâce à des parements et panneaux de béton blanc préfabriqués assemblés sur place. Les modules de base contiennent le plus souvent les effets de saillies des ornements d’élévations lié au nu général : il en résulte des lignes horizontales régulières en élévation qui laissent deviner le calepin d’ensemble des panneaux. Ces divisions sectionnent les effets de pilastres passants et subdivisent clairement les futs des colonnes engagées en tambours. Sur un terrain d’assiette de 31000 m2, deux édifices de quatre étages, chacun organisés autour d’une cour carrée centrale engazonnée, précèdent un corps d’édifice à 5 étages, implanté en demi-cercle et simulant un corps de portique monumental. Ce dernier est lui-même séparé en deux entités par une faille verticale toute hauteur, mise en scène par la section d’une colonne à tailloir. Elle correspond à l’axe majeur de la ville nouvelle qui se développe en terrasses vers le sud-est, l’Oise et la base de loisirs. Le tracé régulateur de l’ensemble laisse apparaître un travail sur le carré générateur et la section dorée. Chaque sous-ensemble de logement contient des carrés augmentés en rectangles dorés par le rabat au compas de leurs diagonales. Treize sous-ensembles, majoritairement à trois travées, subdivisent l’édifice en demi-cercle. Afin de conserver une orthogonalité des plans intérieurs d’appartement, le dessin agence douze portions résiduelles rayonnantes contenant le plus souvent les organes de distribution verticale des appartements traversants dont les séjours sont orientés vers la place Hubert Renaud. L’élévation de l’édifice en demi-cercle est couronnée par un jeu d’effet d’attique continu, contenu dans un entablement où les baies occupent les intervalles des métopes entre des trumeaux triglyphés. Onze ensembles de trois travées vitrées toute hauteur et deux ensembles de quatre travées aux extrémités rythment les pleins se substituant aux vides classiques de ce type de corps de portique. Suivant deux axes piétons à 45 degrés, centrés par le demi-cercle général de conception, la faille sud-est et un passage sud-ouest irriguent la place centrale. Des glacis engazonnés précèdent les élévations intérieures. La travée rythmique est composée de deux colonnes engagées continues du rez-de-chaussée au quatrième étage inclus, délimitant une verrière réfléchissante vitrée toute hauteur, à neuf compartiments carrés par niveaux dont trois allèges régulières de miroiterie. Quatre petites courettes d’élévations séparent les sous-ensembles à trois travées tandis que de simples trumeaux occupent les espaces correspondant pour les sous-ensembles situés plus aux extrémités. Les élévations externes du demi-cercle principal, correspondent à des surfaces de béton nu à ligne de refend percées de deux niveaux de quatre baies étroites et hautes (entresol astucieux dès la conception), un niveau de baies conventionnelles et un niveau de baies supérieures occupant les métopes à l’emplacement habituel d’une frise d’entablement. Douze de ces élévations planes sont complétées par la treizième percée par la faille et chacune est délimitée par des corps toute hauteur en saillie à verrière verticale continue ou trumeaux pleins, cantonnés par des pilastres d’angles colossaux. Les élévations externes des édifices carrés suivent la répétition stricte d’une travée régulière à l’exception de leurs extrémités où un pilastre d’ordre colossal est redoublé. La travée superpose un percement bas de rez-de-chaussée contenu dans un soubassement à dés latéraux en légère saillie, un effet d’étage noble assuré par une baie continue à garde-corps et sommée par un fronton triangulaire, dissimulant deux niveaux d’appartements éclairés (quatre baies réelles), et un percement sommital, en partie situé en retrait du fronton, sous une corniche à listels et méplats. Deux pilastres colossaux en saillie sur des lignes horizontales de refend scandent la travée répétée onze fois. Les dénaturations principales sont récentes et concernent le second œuvre et les parements. En octobre 2018, une peinture pliolite étanche blanche est appliquée directement sur les bétons de plusieurs façades des deux édifices à cour carrée. Les baies de l’ « étage d’honneur », courant sur deux niveaux d’appartement, ont perdu leurs menuiseries originelles et l’allège intermédiaire à vitrerie opaque dissimulant le nez-de-plancher intérieur du 2e étage. Elles assuraient une continuité esthétique de lecture des percements depuis l’extérieur, mais l’ouvrage récent a été placé en saillie, créant un découpage malencontreux.