Commentaire descriptif de l'édifice
L’école maternelle Jules-Ferry se déploie à l’angle de deux rues, la rue de Foy et la rue du Laurier, l’entrée de la cour se faisant rue Jules-Ferry. L’école d’origine comprend un rez-de-chaussée et un étage partiel situé à l’angle de l’école ; elle est orientée nord-est et sud-ouest. Les travaux de 1963-1965 ont ajouté deux classes et deux locaux de sanitaires à l’étage, à l’emplacement des deux terrasses en bout d’aile. L’entrée de l’école se situe dans le pan coupé de l’angle : une porte simple entourée de deux pans de murs vitrés en pavés de verre. Dans cette architecture rationaliste, les façades sont très lisibles. Le traitement des percements traduit l’organisation intérieure et permet de varier les façades, avec une économie de moyens. Sur l’aile gauche, une porte d’entrée mène aux logements de fonction. De part et d’autre de l’entrée, comme à l’extrémité de l’aile droite, trois bandeaux verticaux percés de petits fenestrons carrés à pavés de verre signalent les montées d’escalier. Les circulations horizontales sont marquées par de larges pans de fenêtres séparés par de larges montants arrondis correspondant à ceux des classes. Au-dessus de l’entrée, un grand balcon plein arrondi correspond au logement de la directrice. De larges débords de béton accentuent les lignes horizontales du bâtiment : corniche du bâtiment et du préau polygonal construit à l’entrée de la cour. Côté cour, une très large casquette de béton sur consoles court tout le long de l’étage. Dans la seconde phase de travaux, elle a été transformée en passerelle par l’adjonction d’une rambarde et d’un escalier de secours situé à l’angle ouest de la cour, malgré l’absence d’accès direct depuis les classes (on peut enjamber les fenêtres, assez basses dans le mur). Dans l’angle de l’immeuble, en retrait, se trouve la loggia du logement principal (transformé en salles de classe). A partir du petit hall d’entrée où se situe le bureau de la directrice, se trouve un grand hall polygonal dont l’axe principal est coupé par deux colonnes. Face à l’entrée, dans l’axe, une porte double entourée de deux grandes baies ouvre vers la cour. A droite et à gauche se distribuent les deux couloirs d’accès aux classes et les deux cages d’escalier pour accéder aux étages. Il y a quatre classes par aile, deux à chaque étage, les sanitaires sont regroupés en bout d’aile. On peut signaler dans une des classes du rez-de-chaussée, devant la porte sur la cour, un espace de carrelage différent signalant un ancien bac à sable aujourd’hui comblé. L’éclairage des classes est très abondant, grâce aux grandes baies sur la cour et à l’éclairage indirect depuis les couloirs : grandes fenêtres sur rue et châssis fixes très bas dans la classe (la notion de “distraction” des élèves regardant dans les couloirs n’est pas un problème pour les maternelles, alors qu’il l’est pour les primaires). L’école est caractéristique des constructions de cette époque, comme les bâtiments alentour : façades lisses, usage des pavés de verre dans les cages d’escalier (signalées dans l’organisation de la façade) et les portes d’entrée, balcons arrondis en béton plein surmontées d’une lisse en tube arrondi, auvents de béton au-dessus des entrées et des lignes de fenêtres. Concession à la tradition et à l’intégration dans ce quartier ancien, les bâtiments de logements autour ont conservé des bandes de génoise sous le toit, ce qui n’est pas le cas de l’école avec son large bandeau lisse. Le toit plat en tuiles est en recul par rapport à la corniche débordante, ce qui permet de le rendre presque invisible depuis la rue et d’accentuer la silhouette moderne de l’école tout en respectant la construction traditionnelle dans ce quartier ancien.