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POP | Plateforme ouverte du patrimoineGroupe scolaire Jules Julien
Groupe scolaire Jules Julien

Référence de la notice
ACR0001768
Nom de la base
Patrimoine architectural (Mérimée)
Producteur
Label Architecture contemporaine remarquable
Date de création de la notice
24 avril 2023
Date de dernière modification de la notice
24 avril 2023
Désignation de l'édifice
Titre courant
Groupe scolaire Jules Julien
Producteur
Label Architecture contemporaine remarquable
Dénomination de l'édifice
architecture scolaire ; édifice scolaire ; école ; groupe scolaire
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
Occitanie ; Haute-Garonne (31) ; Toulouse ; 4 et 9-15 avenue des Écoles Jules-Julien
Adresse de l'édifice
Écoles Jules Julien (avenue des) 4 ; 9-15
Références cadastrales
811 AJ 12 ; 329
Historique de l'édifice
Siècle de campagne principale de construction
Siècle de campagne secondaire de construction
20e siècle
Année(s) de(s) campagne(s) de construction
1929 ; 1955
Description historique
Après les lois Jules Ferry de 1881, 1882 et 1886, de nombreuses écoles sont construites dans les quartiers toulousains, centraux, de faubourgs et proche de la campagne, telles que l’école du Pont des Demoiselles (1899), l’école de Saint-Simon (1899). Viennent ensuite les projets de de trois groupes scolaires au Busca, à Matabiau et à Croix-Daurade, menés par la municipalité de Paul Feuga, dessinés par l’architecte en chef de la ville, Jules Milloz, mis en chantier autour de 1924-1925 et livrés sous la mandature suivante d’Etienne Billières. Étienne Billières, maire socialiste de Toulouse élu en 1925, dresse le bilan d’importants retards dans le développement de la ville et engage alors une politique volontaire d’embellissements et de constructions articulée autour de moyens économiques et humains importants et de nouvelles stratégies de gestion. L’administration municipale devient alors un réel agent économique du développement de la ville et son action se fonde sur la modernisation des infrastructures e et la construction d’équipements sociaux, sanitaires, scolaires et culturels : construction de quinze groupes scolaires (et agrandissement de ceux existants), de six bains-douches, de cinq fourneaux économiques, de trente kiosques, d’une bourse du travail, d’un parc des sports et d’une bibliothèque municipale. Dans ce contexte d’intense production bâtie, cohérence et unité formelle transmettent un message politique qui représente l’action municipale. Les architectes de l’atelier municipal, Jules Milloz et Jean Montariol conçoivent les projets, l’entreprise les Charpentiers toulousains est régulièrement choisie et les artistes méridionaux sont également sollicités : le peintre Édouard Bouillière (1900-1967), le sculpteur Henry Parayre (1879-1970), le sculpteur Jean Druilhe, l’ébéniste Maurice Alet (1874-1967), le sculpteur Georges Vivent (1871-1949), le peintre Marc Saint-Saëns (1903-1979), le maître verrier André Rapp (1903-1979) et le sculpteur Sylvestre Clerc (1892-1958). Jean Montariol, né en 1892, est issu d’une famille de constructeurs. Il suit des études artistiques à l’école des Beaux-arts de Toulouse, qu’il poursuit à l’ENSBA à Paris dans l’atelier Deglanes et Nicod, grâce à une bourse municipale (grand prix municipal en 1911). Diplômé en 1922, il travaille quelques années avec son frère à son retour à Toulouse, puis il est nommé architecte de l’Office (1925-1939). En 1927, il entre dans ses nouvelles fonctions d’architecte en chef comme adjoint de Jules Milloz. En tant qu’architecte en chef adjoint, il est en charge de la direction des travaux neufs et des travaux d’entretien. Il occupe ce poste jusqu’en 1949. Il devient en 1948 l’architecte ordinaire de la toute nouvelle agence des Bâtiments de France à Toulouse. Avec l’accroissement de la population et le développement des faubourgs, dont les quartiers s’éloignent de plus en plus du centre-ville, notamment avec la construction de cités-jardins et d’immeubles d’habitations collectives par l’Office HBM, il devient nécessaire de faire construire des groupes scolaires complets, comprenant école de filles, école de garçons et école maternelle. Lors de la séance du conseil municipal du 2 mai 1929, Jules Julien, adjoint délégué à l’Instruction publique et aux Beaux-Arts, présente les avant-projets de cinq groupes scolaires pour les quartiers de Rangueil, de la Salade, des Trois-Cocus, de Fontaine-Bayonne (Patte d’Oie) et de la Juncasse. Face à la nécessité urgente de doter ces quartiers de groupes scolaires, la municipalité procède à un crédit de 14 885 330 francs pour effectuer les travaux. Le groupe scolaire de Fontaine-Lestang et l’école de garçons Fabre (Carmes) sont démarrés dans les années 1930. Les projets sont transmis au préfet de la Haute-Garonne le 27 juin 1929. L’inspecteur d’académie rend une appréciation selon deux rapports successifs le 21 octobre 1929 et le 6 décembre 1930. Les projets modifiés sont à nouveau présentés pour validation au conseil municipal en juillet 1931. Les réalisations deviennent nécessaires, entre 1931 et 1933, l’effectif scolaire augmente de 2500 élèves, certaines classes comptent entre 50 et 60 élèves. Les groupes scolaires de Rangueil, de la Salade, des Trois-Cocus, et de la Juncasse présentent des programmes similaires, des budgets équivalents, une même temporalité de conception et de chantier, et des partis architecturaux et constructifs proches voire identiques. Dans le quartier de Rangueil, la construction d’un groupe scolaire complet est devenue nécessaire avec son urbanisation. La municipalité acquiert un vaste terrain entre la route du Grand Chêne et celle de Toulouse aux propriétaires MM. Étienne Escat et Patrick Eyre (540 000 francs). Une école avait été construite à Saint-Agne à la fin du XIXe siècle. Les entreprises retenues à l’adjudication sont la Maison Giraudon représentée par M. Duclos, son directeur (terrassement, maçonnerie), M. Vaillant (plâtrerie), M. Virton (peinture et vitrerie), M. Taillet (installation électrique), MM. Fonquernie et Galinié (ferronnerie), Société Coopérative Ouvrière « La Laborieuse » (mobilier). Edouard Bouillière a réalisé les peintures décoratives. Le coût final des travaux est donné à 3 477 000 francs. La pose de la première pierre a lieu en juillet 1932. En séance du 28 juillet 1933, le conseil municipal décide de lui donner la dénomination « Jules Julien » en reconnaissance des 21 années consacrées à l’administration municipale, adjoint délégué à l’Instruction publique et aux Beaux-Arts. L’école est ouverte à la rentrée 1933 et inauguré le 19 octobre de la même année. Le groupe de la Juncasse est inaugurée le même jour. Sur le vaste terrain acquis, le groupe scolaire Jules-Julien se compose de plusieurs bâtiments : les écoles des filles et des garçons, l’école maternelle et la salle des fêtes. Le terrain a été divisé en deux parties inégales par une voie nouvelle, qui deviendra l’avenue des écoles Jules-Julien. D’un côté, un grand jardin planté d’arbres sert de parvis à la salle de fêtes. Un second jardin occupe l’arrière et sépare l’école maternelle. L’école des filles et l’école des garçons sont implantées de l’autre côté de la voie nouvelle. Leur composition est la même que celle du groupe scolaire Jules-Ferry. Les bâtiments des filles et des garçons s’organisent de manière identique en symétrique. Séparées par deux grandes cours de récréation plantées d’arbres, elles sont parallèles l’une à l’autre et reliées par les préaux couverts, qui forment une façade sur la nouvelle voie. Les deux extrémités de la composition sont marquées par un corps de bâtiment sur deux niveaux, placés à l’articulation entre l’aile des salles de classe et le préau.