Commentaire descriptif de l'édifice
L’architecte Henri Christo se base sur un archétype du hangar agricole pour concevoir le marché couvert, avec une succession de portiques à deux rampants composés de poutres droites avec triangulations extérieures formant coyau, au niveau de la brisure, à l’aplomb des murs périphériques. Les menuiseries extérieures ainsi que les portiques métalliques sont peints en bleus. Ces derniers sont doublés au pied des fondations surélevées jusqu’au soubassement en béton armé. Les fermes sont couvertes d’une toiture de tuiles mécaniques en terre cuite, et cette ossature permet d’abriter une superficie de fonction d’environ 200 m². Aux extrémités, la morphologie des fermes est reprise en béton au niveau des pignons et ces portiques bétonnés avec traverses à consoles courtes sont accompagnés de pas de moineau en partie supérieure. « La manière dont les murs-pignons sont évidés, le traitement des frontons, la polychromie des élévations due à l’utilisation de la brique, font de ce bâtiment un exemple soigné de marché Art déco. » (CAUE de Saône-et-Loire, Guide d’architecture en Bourgogne, 1893-2007, Paris, Éditions Picard, 2008, page 340) D’importantes portes coulissantes métalliques permettent d’accéder au sein du marché couvert de part et d’autre de l’édifice étiré. Elles sont soulignées par un important auvent en porte-à-faux et par des pilastres de chaque côté. Pour distinguer la façade principale du bâtiment, les pilastres sont coiffés de porte-drapeaux stylisés avec support de blason. À ce propos, il semble que le marché couvert était aussi un élément architectural qui a permis de requalifier l’aménagement urbain de la ville de Dornes. Implanté dès les premières esquisses à proximité de l’église et des deux établissements scolaires filles et garçons, lors de la phase travaux, le bâtiment tourne le dos à ces édifices et à la future place du 19 mars 1962 en installant l’accès au public derrière deux maisons donnant sur la rue Neuve. On peut supposer que ces habitations devaient être démolies pour laisser place à un parvis qui ne verra finalement jamais le jour. Les activités du marché périclitent entre les années 1970 et 1980 et des marquages au sol sont tracés sur le sol en béton afin de pratiquer, pour les deux écoles voisines, des activités sportives abritées. En 1997, la municipalité missionne les architectes trévoliens Francine et René Imholz, pour effectuer une transformation d’usage. Le marché couvert de Dornes devient ainsi une salle des fêtes ayant une capacité de 350 places assises et comprenant scène, vestiaires et cuisines.