Commentaire descriptif de l'édifice
Les travaux commencent en 1997 et la bibliothèque occupe la totalité de la surface du terrain qui lui est dévolue dans le cadre du concours d’architecture organisé pour désigner le concepteur de cet équipement. Les lauréats, les architectes Emmanuelle et Laurent Beaudouin, proposent d’orienter l’entrée vers le cœur de l’îlot. Cette position dégage un parvis qui protège les visiteurs du trafic automobile et conforte l’idée d’un îlot perméable. Selon le parti architectural, souligné par la notion de clarté, le gabarit parallélépipédique de la bibliothèque forme une transition avec les bâtiments environnants. Le volume général est souligné par des éléments rectilignes de béton blanc venant renforcer l’horizontalité. Certaines façades sont en moellons de pierre ocre-beige pour former un ensemble cohérent dans les teintes du quartier le long de la rue du Faubourg des Ancêtres. La façade nord semble suspendue au dessus de l’entrée, formant un auvent protecteur sur une travée de part et d’autre du sas. En façade sud, « face au temple, un pare-soleil en verre sérigraphié vient créer une matière cristalline en contraste avec la pierre et le béton blanc du bâtiment » (site internet de l’agence Emmanuelle et Laurent Beaudouin architectes). Face au collège Rimbaud, un plan incliné, en creux, formant amphithéâtre au dernier niveau vient adoucir la plastique de l’édifice. Le thème de l’apport de lumière est l’élément majeur du projet. Il se retrouve traité de façon nuancée suivant les quatre orientations : lumière brisée au sud, lumière transparente sur la façade est, lumière adoucie côté ouest et lumière réfléchie au nord. Les façades sont marquées aussi par la polychromie des matériaux sur les quatre faces de la bibliothèque qui répondent aux couleurs appliquées sur les bâtiments existants. Ce projet se développe sur trois niveaux en couronne autour d’un jardin accessible et d’un grand espace central, véritable foyer spatial de l’édifice, l’un et l’autre en complète transparence, le jardin illuminant l’espace intérieur, lui-même ouvert sur toute la hauteur de l’édifice. La lumière zénithale s’y glisse sur des poutres de béton inclinées suspendues dans le volume et formant d’immenses réflecteurs. La clarté organise aussi la disposition des circulations. Deux circuits sont proposés au public : un circuit court avec l’utilisation des escaliers ou de l’ascenseur et une promenade plus douce par l’intermédiaire d’une rampe. « Cette rampe installée en contre-jour accentue l’impression de dépliement du sol vers le plafond » (ibidem). Elle débute face à la banque d’accueil et aboutit à un palier en surplomb sur le hall. Dans les salles, l’utilisation du bois pour le plafond suspendu et pour le mobilier participe de l’atmosphère des bibliothèques traditionnelles. Cet édifice a été lauréat du palmarès départemental de l’architecture en 2008.