Commentaire descriptif de l'édifice
Le choix d’implanter l’édifice à l’angle de la rue Victor-Hugo et du quai de l’Aisne s’inscrit dans la lignée du projet conçu durant l’entre-deux-guerres qui avait déjà envisagé cette situation. L’emplacement retenu tient compte de la réorganisation du centre-ville de Pantin en raison de la position centrale de la parcelle à proximité de la mairie et de sa situation en bordure du canal de l’Ourcq. Le long terrain de forme triangulaire s’étend sur 4 361 m2. La polyvalence est l’une des données primordiales du programme de centre administratif, puisque sa conception repose sur la volonté de rassembler différents services publics de Pantin jusqu’alors éparpillés. Il est en particulier demandé aux architectes de regrouper en un seul et même lieu : la bourse du Travail, le commissariat de Police, la Compagnie des eaux, le service des Impôts, l’Inspection du travail, la Sécurité sociale, le tribunal d’instance, des organisations syndicales et des services municipaux (restaurant, foyer de jeunes). Le grand nombre et la diversité des fonctions à abriter engendre nécessairement des difficultés d’organisation des surfaces qui atteignent 20 000 m2. Cherchant à optimiser le terrain mis à disposition, Kalisz et Perrottet élaborent un plan tout en longueur qui se déploie sur 175 m selon une trame carrée. L’agencement intérieur du bâtiment, comme cela est fréquent dans le travail de Kalisz, se structure autour d’un vaste hall d’entrée et d’un escalier à double circulation qui occupe une position centrale dans l’édifice puisqu’il organise la distribution sur six niveaux (sous-sol compris). L’installation de ce vide sculptural permet aux architectes de différencier les espaces qui usent de mezzanines et de demi-niveau dans les étages supérieurs en les répartissant de manière fonctionnelle en trois grands pôles : les services sociaux, les services financiers et les services répressifs. En pratique, l’aile occidentale du bâtiment abritait la Sécurité sociale et la Maison des syndicats, tandis que l’aile centrale accueillait les services financiers municipaux et l’aile oriental le commissariat de police et le tribunal. À l’extérieur, le projet présente une réflexion sur la charge symbolique qu’un équipement public doit supporter. Le caractère monumental de l’édifice se fonde sur l’aspect massif de formes puissantes et austères et sur l’horizontalité prononcée que souligne la présence d’un élément du vocabulaire moderne, le toit-terrasse. La réponse des deux architectes a consisté à privilégier l’utilisation de formes géométriques simples et un traitement architectural singularisé des façades de l’édifice en adjoignant une « série de signes symboliques d’inspiration aztèque » verticaux pour rééquilibrer la composition. Ces principes confèrent à l’édifice une dimension plastique et sculpturale qui est accentuée par l’usage mixte du béton (dont la mise en œuvre a subi des avaries) et du verre, ainsi que par la présence de canons de lumière qui tous deux produisent des jeux de lumière spectaculaires et évoquent certains traits de l’architecture corbuséenne. Discrète à l’extérieur, la restructuration menée au début des années 2000 afin d’accueillir le Centre national de la danse, s’est faite plus audacieuse, mais toujours respectueuse, dans le traitement des espaces intérieurs. Afin d’adapter l’édifice à sa nouvelle vocation, les architectes Antoinette Robain et Claire Guieysse ont dû faire face à un complexe morcelé – héritage de l’ancienne cité administrative – auquel il a fallu redonner une cohérence, tout en créant de nouveaux espaces (salle de répétitions, médiathèque, espace d’exposition, etc.). Tandis que les circulations ont retrouvé leur importance originelle, de nombreux volumes ont été décloisonnés et d’autres ont été modifiés, comme en témoigne l’ancien patio ouvert transformé en espace détente. Un soin particulier a été apporté à la signalétique (Pierre di Sciullo) et à la mise en lumière (Hervé Audibert) des espaces et des circulations par le biais de néons colorés. Signalons également la qualité du mobilier dessiné par Michelangelo Pistoletto.