Description historique
"La première école d’hydrographie en France est celle de Dieppe, instituée vers 1540 et devenue École Royale en 1661 sous Colbert. L’enseignement connaît une évolution et en 1791, l’école de Saint Malo, devenue École de Mathématiques et d’hydrographie s’installe au 8 rue de la Bertaudière. Après l’expulsion des Ursulines le 25 septembre 1792, l’école est transférée dans le couvent de la rue sainte Anne et prend l’appellation d’École de navigation en 1795. A partir de 1819, l’école connaît un important développement et reprend le titre d’École d’hydrographie en 1825. En 1838, l’école déménage dans deux pièces au second étage du 6 place de la Paroisse. Il est également possible qu’elle ait séjourné un temps rue d’Asfeld, vers 1823. Elle réintègre l’ancien couvent rue Sainte Anne en 1866, au premier étage de la chapelle. Elle est déclassée de première en seconde catégorie en 1908, en même temps que celles de Paimpol, Nantes et Dunkerque. En 1919, elle prend le nom d’École nationale de navigation et en 1920, elle déménage de nouveau à l’emplacement de l’actuelle salle Sainte Anne. En 1939, Boulogne, Saint Malo, Paimpol, Nantes, Marseille et Alger conservent leurs écoles, mais les cours sont suspendus jusqu’en septembre 1940. En 1940, elles changent de nouveau de nom, prenant le titre d’École Nationale de la Marine Marchande (ENMM), dont l’inscription n’a pas été changée et est encore visible sur les façades de l’école de Saint‐Malo.
En 1942, le site est classé aux Monuments Historiques de par son passé d’ancien couvent dont il reste la chapelle et le cloître.
Par la loi de 1958, le nouveau statut de l’enseignement maritime ne conserve que 6 écoles, dont celle de Saint‐Malo, sous forme d’établissement public à caractère administratif. Celle de Saint‐Malo est conservée grâce à l’intervention de Guy La Chambre, ancien député d’Ile‐et‐Vilaine et ministre d’Etat chargé des relations avec les Etats associés et de Georges Coudray, ancien maire de Paramé et député d’ile‐et‐Vilaine, la ville offrant le terrain de l’ancienne caserne de la Victoire, qui comptait également une ancienne prison. L’école est reconstruite selon les plans des architectes Roger Hummel et Louis Arretche, en charge de la reconstruction de Saint‐Malo. Pour la première fois, les bâtiments sont construits spécifiquement pour une école d’hydrographie. Les éléments qui subsistent du cloître initial sont déplacés vers les remparts à cette occasion. Deux cent quatre‐vingt élèves y ont travaillé dès 1958. Inaugurée le 14 novembre 1959, elle prépare en huit sections les élèves au long cours, les élèves mécaniciens de la Marine marchande, les élèves chefs de quart, les lieutenants de Marine marchande, les officiers mécaniciens de 2eme et 3eme classes. En 2008, la fermeture de l’établissement avait été annoncée, l’enseignement des officiers de la Marine marchande devant être regroupé dans les écoles du Havre et de Marseille. L’État est depuis revenu sur cette décision et l’école compte actuellement entre 300 et 400 étudiants et ne forme que des officiers de machines (contrairement aux autres sites qui forment également des officiers de passerelle)."