Commentaire descriptif de l'édifice
"Le permis de construire de la base archéologique est déposé en juin 1992 et les travaux sont achevés en avril 1995. Ce bâtiment, qui constitue le cœur du projet, accueille le personnel administratif et scientifique, la documentation, les laboratoires et le stockage du mobilier. Situé en lisière du village de GluxenGlenne, il est accompagné d’une cafétéria et de gîtes, pour partie réhabilités au sein de bâtiments existants dans le village, qui s’insèrent dans une réflexion sur la redynamisation du centre.
La base archéologique est agrandie en 2011, par la même équipe de maîtrise d’œuvre, se dotant d’un Centre régional de Conservation et d'Étude (CCE) des collections archéologiques.
PierreLouis Faloci construit son projet de centre archéologique et de musée dans une écriture sobre et symbolique, qui retranscrit la matière archéologique dans un langage moderne, tout en mettant en scène le mont Beuvray. Les volumes dépouillés du centre de recherche sont pensés comme des fondations que l’architecte échelonne sur trois niveaux. Le dessin architectural accompagne les compositions naturelles aux abords du bâtiment. Il refaçonne le paysage, prolongeant les courbes de niveaux ou les rompant. L’emploi de poteaux en béton à l’étage permet de dégager de grandes superficies vitrées qui diffusent un éclairage naturel et homogène dans les espaces de travail. Cette transparence, qui offre des vues cadrées sur le paysage, est contrastée par l’emploi de longs mursrideaux transversaux inscrits en décroché de la structure, qui permettent à l’architecte de créer des sortes de ruelles où se déploient des jeux d'ombre et de lumière, tout en occultant certaines vues.
Une stratification horizontale vient s’ajouter à ce découpage en coupe des volumes, avec l’emploi de matériaux de construction qui évoquent les « âges » de la préhistoire et de la protohistoire : la pierre taillée, la pierre polie et les métaux. Ainsi, le mur en pierre sèche, qui délimite le bâtiment sans le ceindre pleinement, tel un vestige partiellement conservé, est élevé en rhiolythe, la pierre employée sur les remparts de la cité éduenne.
Les voiles des façades en béton lissé sont partiellement dissimulés derrière des murs revêtus de plaques de granit poli. La charpente en acier corten, recouverte d’une légère couverture en zinc, constitue l’aboutissement technologique de l’histoire contée par l’architecte. Le choix des matériaux, leur disposition, les volumes et les lignes concourent à tisser un lien sensible entre l’architecture, le paysage et l’archéologie. L’emploi d’un langage architectural commun au musée, au centre archéologique et au chantier de fouilles, ainsi que les interconnexions visuelles que l’architecte magnifie, permettent de réunifier cet ensemble réparti sur plusieurs secteurs."