Description historique
"La création d’une piscine à Lectoure est envisagée dès juin 1945 dans les « grands travaux communaux » listés par l’architecte de la ville, M. Vigué. Cet ambitieux programme comprend un syndicat cantonal de cylindrage, un monument aux morts de la Résistance, une maison du Peuple, le tout-à-l’égout, des bains-douches, des abattoirs, un hangar aux veaux, des terrains scolaires et un stade, à exécuter par ordre d’urgence ; la « piscine des Marronniers » est en 4e position. Lors des élections municipales de 1959, la construction de la piscine figure dans le programme des candidats, et dès son élection, Robert Lambrey inscrit le projet à l’ordre du jour de la séance du conseil municipal du 6 novembre 1959. En 1961, le choix de la municipalité se porte sur l’architecte agenais Roger Maurin, dont le projet est approuvé lors du conseil municipal du 28 janvier 1963. Le conseil des constructions scolaires donne également un avis très favorable au projet de bassin de natation qui vient compléter le programme de la cité scolaire « Maréchal Lannes » (lycée mixte et collège technique féminin) en construction au sud-est de la ville.
Plusieurs implantations pour la piscine sont envisagées en centre-ville (à la même période, un camping avec plan d’eau pour baignade, le Lac des Trois vallées, vient d’être aménagé à quelques kilomètres au sud-est de la commune) avant que le choix ne se porte sur les jardins de l’évêché devenu hôtel de ville, en contrebas de l’ancienne cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais, classée au titre des monuments historiques en 1912. Les services des monuments historiques donnent leur accord, et le devis est revu pour tenir compte des difficultés d’accessibilité des engins de chantier.
Les travaux commencent en février 1965, juste avant les élections municipales de mars. Dans le Bulletin municipal publié à la veille des élections, on peut lire : « Une piscine va être construite dans l’ancien potager situé en contrebas de l’hôtel de ville, entre l’église Saint-Gervais, classée monument historique, et la Fontaine Diane, avec vue panoramique sur les coteaux du Gers et la chaîne des Pyrénées. Cette piscine comprendra un bassin de natation de 25 m, déshabilloirs, vestiaires, bloc sanitaire et station de traitement des eaux. L’adjudication des travaux a eu lieu le 4 janvier 1965. Le coût de la dépense pour la ville sera de l’ordre de 25 millions d’anciens francs. La subvention obtenue au titre de l’équipement sportif et socio-éducatif s’est élevée à 19 millions d’anciens francs. » La liste sortante remporte les élections. Les travaux s’achèvent en 1966 et la piscine est inaugurée le 10 juin par le maire Gilbert Albinet et M. André Bord, secrétaire d’État à l’intérieur. La piscine panoramique de Lectoure est ainsi un équipement sportif précurseur, initié avant l’opération « 1000 piscines » lancée en 1969, et inauguré à une période où la France ne compte que 58 piscines municipales.
La piscine panoramique de Lectoure est très représentative des équipements sportifs des années 1950 : les quelques installations nautiques nouvelles qui sont réalisées à cette période, sous l’impulsion d’initiatives locales, sont majoritairement découvertes et ne sont donc exploitables que quelques mois dans l’année. Dans ces piscines des années 1950, le double bassin est définitivement adopté, et elles répondent aux nouvelles prescriptions édictées dans les années 1940 en matière d’architecture sportive, qui se doit avant tout d’être fonctionnelle et pratique, largement ouverte sur l’extérieur, sa beauté résidant essentiellement dans l’harmonie des proportions et l’agencement de lignes géométriques pures. Ainsi les piscines des années 1950, souvent d’une grande sobriété correspondant aux préceptes architecturaux du mouvement moderne, s’inscrivent dans la continuité des piscines de la fin des années 1930."