Commentaire descriptif de l'édifice
Le gymnase des Serres est situé à l'angle de deux rues, la rue des Etudes et la rue du 4-Septembre. Le gymnase est constitué par un seul bâtiment, compact, à deux niveaux : un rez-de-chaussée accessible depuis la rue du 4-septembre comprend une salle de gymnastique, des douches, quatre vestiaires, une salle de réunion, une infirmerie. L'étage supérieur est entièrement occupé par le gymnase de 800 m².
A l'angle des deux rues, le terrain a été décaissé. Cela permet d'une part de construire un bâtiment de deux étages, très fonctionnel et d'autre part de le dissimuler partiellement pour qu'il s'intègre dans l'environnement de la bastide (architecture traditionnelle, étages peu élevés). Cependant, les architectes ont opté pour une architecture brutaliste. La structure visible est entièrement en béton, y compris le toit. Du côté sud, une cour anglaise permet de donner un peu d'éclairage au rez-de-chaussée.
Le bâtiment est orienté nord-sud. Côté ouest, le mur est aveugle. Un soubassement en béton strié supporte une série de grandes plaques de pierre et s'harmonise avec le mur de clôture en pierre qui se trouve de l'autre côté. Côté entrée, le rez-de-chaussée alterne panneaux lisses et béton strié. Une série de fenestrons rectangulaires apportent un éclairage. Au-dessus, de grandes fenêtres rectangulaires séparées par des meneaux regroupés par deux ou trois éclairent le gymnase. Elles sont aujourd'hui aveugles.
Dans le tissu urbain ancien et dense de la bastide, un des défis à relever est celui de l'éclairement de la grande salle de sport, qui se situe à l'étage. Côté sud, la façade est faite de grandes alvéoles de béton. Verticales au rez-de-chaussée et obliques à l'étage, les séparations scandent la façade, captent le plus de soleil en hiver tout en servant de brise-soleil l'été. Une série d'impostes permet l'aération du gymnase.
La caractéristique de la façade sud est de la forme du grand acrotère en béton brut : une série d'avancées forment une bordure courbe orientée vers le haut, vers le ciel. Elle donne de l'énergie à la composition. Cette aspiration vers le haut peut faire penser aux bonds des athlètes et des sportifs, surtout dans les sports collectifs comme le basket et le handball. Ce débord de toit fait beaucoup penser à l'oeuvre de Massota dans le Gard, particulièrement au site de la cave expérimentale de l'Espiguette et à l'emploi qu'il fait des grandes courbes de béton brut.
La toiture est constituée d'une grande courbe régulière, portée par 8 nervures ; la toiture est réalisée en shingle gris ; elle se fait discrète dans la ville. Cette courbe elliptique, selon les architectes, s'inspire du célèbre dessin tiré du livre "Le petit Prince", de Saint-Exupéry : l'éléphant avalé par le boa, qui donne une forme de chapeau à la silhouette avec ses deux bosses.
Par ailleurs, Pierre Tarbouriech dit avoir été très influencé par l'architecture japonaise de cette époque.