Commentaire descriptif de l'édifice
L'ensemble de la résidence comprend 400 studios qui donnent directement sur la plage. Il est constitué de cinq barres disposées sur une ligne brisée, flanquées au nord d'une tour carrée de huit étages, détachée. L'ensemble est construit sur le principe d'appartements traversants desservis par une coursive à l'arrière, tous les appartements étant orientés vers la mer. Les deux façades sont donc complètement différentes. Coté route elles sont aveugles, constituées par les lignes horizontales des coursives. Cette ligne est interrompue à l'angle saillant au centre de la composition, par un bloc qui offre une façade de loggias. Côté mer, ce sont les étages de loggias superposées qui forment la trame des façades. La tour présente trois façades identiques, composées d'une partie aveugle et de séries de trois loggias et une façade presque aveugle côté route. Au rez-de-chaussée de certains immeubles sont installés des commerces. Celui de la tour est occupé par une grande salle de fêtes entièrement vitrée et entourée d'un large auvent.
Il existe quatre types de studios : les plus petits sont conçus sur une unité de trame, les plus grands sur deux, avec une loggia double. Les deux blocs principaux formant un coude, les architectes ont utilisé la courbure et son espace supplémentaire pour y installer des appartements avec une chambre séparée. Dans les plus petits appartements, la partie arrière qui donne sur la coursive est une petite chambre, éclairée par des fenêtres bandeau en hauteur.
Le dernier étage de chaque bloc est traité différemment : la toiture est formée par des voûtes catalanes, et une partie du toit est dégagée pour former de vastes terrasses accessibles à tout les occupants des appartements.
Les effets graphiques de la rambarde pleine et uniformément blanche des coursives accentue côté route les effets d'horizontalité, cassés dans les angles de la composition soit par la "rotule" d'un immeuble qui présente des façades en loggias, soit par un angle arrondi, traité en larges lattes de bois foncé disposées verticalement. Les coursives ménagent des "vues" qui changent en permanence, selon leur orientation. La construction comporte des détails soignés : les grands paliers ouverts, le dessin des grilles qui ferment les escaliers, le graphisme en vaguelettes des enduits (effet graphique qui joue sur l'ombre et la lumière) sur les paliers (également présent à l'origine sur les murs des appartements), l'emploi de la pâte de verre, le traitement des terrasses. Tout concourt à faire de la résidence un ensemble très travaillé graphiquement, par les couleurs et les textures, à la fois important par la taille mais pas envahissant pour la vue. Il faut noter que beaucoup de loggias ont été fermées, mais une unité a été respectée. La baie comporte trois ou quatre fenêtres coulissantes, assez discrètes. De plus, elles sont toutes fermées par des stores bleus, ce qui apporte une grande unité.
Le toit en voûtes catalanes fait partie du vocabulaire architectural constant dans cette région, depuis la résidence Port-Catalunya sur la plage, jusqu'au collège Côte Vermeille (1968) construit par la même agence à Port-Vendres. Il faut citer aussi le VVF de Balaruc-les-Bains (1968, Gomis et Huidobro). L'ensemble est conçu selon les principes corbuséens : construction sur pilotis permettant une transparence, plans libres, cages d'escalier dont le palier est ouvert sur la façade, ce qui permet d'avoir à travers la grande baie libre, une vue en "tableau" sur le paysage, circulations des coursives, accès au toit-terrasse (qui sert vraiment de terrasse), mais également de promenade puisque les circulations permettent d'accéder à l'ensemble des blocs d'immeubles.
L'environnement géographique de l'immeuble est resté le même. Situé à la limite de la ville, vers Canet, il a bénéficié de l'inconstructibilité de la zone de l'étang de Saint-Nazaire.