Description historique
En 1958, deux amis, Michel Tendil et Pierre Pager, émettent le souhait de construire ensemble leurs maisons de vacances sur la côte Atlantique. Leur choix se porte sur la côte vendéenne. En juin 1960, les deux familles acquièrent un terrain au lieu-dit Le Bouil auprès du viticulteur Thomas Boussais et se partagent ce terrain. La parcelle étant entourée par la forêt et les vignes, Tendil et Pager demandent en octobre 1960 l’autorisation aux Eaux et Forêts d’emprunter un chemin d’exploitation forestière afin d’accéder à leur propriété, lequel deviendra le chemin des Loubines. Rapidement, Pierre Pager demande une autorisation d’urbanisme pour sa maison, qu’il obtient, mais le Plan d’Occupation des Sols est modifié et son autorisation s’avère caduque, il ne pourra jamais réaliser le reste de la maison.
Michel Tendil ne dépose quant à lui son premier permis de construire qu’au mois d’avril 1961, puis son permis modificatif en octobre 1961 (modifiant l’implantation de la construction). Grâce à son expérience en tant que dessinateur d’architecture, il conçoit lui-même les plans de ce qu’il dénomme un « chalet de week-end ». Il devait alors s’agir d’une petite maison de plain-pied de 30 m² construite en briques creuses, dotée d’une charpente en sapin et d’une toiture mono-pente en chaume. En décembre 1961, le permis de construire est accordé par l’administration municipale. Cependant, dès le mois suivant, Michel Tendil sollicite les services du Bureau Technique de l’Ouest pour la construction d’une plateforme sur pilotis. Il s’agit d’une modification radicale du projet, dont nous ne nous pouvons que supposer les motivations en l’absence de documents d’archives. Le choix des pilotis pourrait s’expliquer par la nature sablonneuse du terrain, par des raisons purement esthétiques, ou des raisons pratiques afin de profiter davantage du terrain et disposer d’un large espace couvert. Aux mois de février et mars 1962, le bureau d’études techniques étudie la mise en œuvre des pilotis et entretient une correspondance avec Michel Tendil. Pendant une dizaine d’années, Tendil construit lui-même la maison qu’il a dessinée, pendant ses week-ends et ses vacances, faisant ponctuellement appel à des artisans, notamment l’entreprise Imbert à Niort, qui s’occupe du plâtre et des revêtements intérieurs. Les archives sont muettes quant à la chronologie exacte du chantier mais une photographie datée de 1970 montre l’achèvement du gros-œuvre de la maison. En 2010, Michel Tendil vend la maison. Les nouveaux propriétaires réalisent alors quelques travaux d’entretien, suppriment la cloison de la cuisine, le revêtement de sol de la pièce à vivre (contenant de l’amiante) et la cheminée. En 2019, les nouveaux propriétaires, passionnés d’architecture et de design des années 1960, acquièrent à leur tour la maison, qu’ils décident de décorer et de meubler dans ce style contemporain de sa réalisation.