Commentaire descriptif de l'édifice
Situé à l'ouest de la Promenade des Châtaigniers, grand espace vert au nord du centre ville, le collège est bien visible depuis l'extérieur, simplement séparé par un muret bas surmonté d'un grillage. Le bâtiment le plus frappant le long du boulevard est un bâtiment indépendant, de forme rectangulaire, le gymnase (aujourd'hui auditorium) avec chaufferie en sous-sol semi-enterré. L'entrée de ce bâtiment se fait côté cour, au sud, par un podium en parement de maçonnerie de pierre et un portique de six pilastres obliques surmonté d'un auvent en béton ; quatre grandes portes vitrées et ornées de fer forgé occupent toute la hauteur du portique. La cheminée de la chaufferie, détachée de la structure à l'angle ouest et formant une sorte de clocher, sert de repère et de signal, à la fois pour la ville et pour les élèves, à l'entrée du site. Côté ouest, le motif du portique se répète, avec trois portes plus basses et plus étroites ; il est également percé de deux portes et de fenêtres côté nord : le gymnase nécessite d'être bien éclairé et bien aéré. Le 1% artistique met en valeur ce bâtiment sur le boulevard : une frise en bronze sculptée par Noor-Zadé Brener (artiste parisienne née en 1922, ancienne élève de Zadkine) montre une farandole de filles et de garçons en plein exercice, avec ballons et cerceaux (1957). Le hall d'accueil de l'externat des élèves (qui n'est plus utilisé aujourd'hui) est souligné par le dispositif de portique à pilastres obliques côté rue, on y accède par quelques marches. Il est surmonté d'une horloge et a reçu un traitement particulier pour l'éclairage : le toit à quatre pentes est en partie couvert par une verrière. Par ailleurs, une frise de claustras carrés sur le mur latéral amène également de la lumière et une animation sur le mur extérieur. A droite du hall, une aile de deux étages pour l'administration, avec un attique en retrait, à gauche une aile basse et étroite fait office de pavillon d'entrée. A l'arrière se développe le bâtiment des classes, orientées au sud, le couloir se situant à l'arrière, côté nord. Il fait deux étages et sept travées de trois fenêtres accolées, encadrées par les mêmes pilastres englobant les deux niveaux. A l'arrière du pavillon d'accueil, un patio fermé par une balustrade basse en fer forgé permettait d'accéder directement depuis la cour au bâtiment administratif. Le patio est orné, au titre du 1% artistique, d'une statue de Louis Arnaud représentant Isis prêtresse de Diane, en pierre de Brouzet (1957). Le hall est décoré de 9 panneaux peints par Camille Hilaire sur le thèmes "Paysages cévenoles". A l'autre extrémité, formant un T, des pavillons de même hauteur que le bâtiment des classes ou plus bas, terminé pour le plus bas en rotonde, dans un jeu de volumes étagés. Le bâtiment de l'internat, complètement détaché, est symétrique. Il présente deux ailes de part et d'autre d'un pavillon central encadré de deux courtes ailes orthogonales comportant les deux cages d'escalier, le tout légèrement courbe. Au rez-de-chaussée, de grandes fenêtres carrées sont encadrées par de discrets pilastres. Les fenêtres carrées, détachées ou en bandeau sous des encadrements en saillie, les fenêtres en longueur des cages d'escalier, les bandeaux en saillie forment une modénature subtile qui souligne les volumes longs et hauts. L'ensemble, peint en blanc, uniforme, évoque un grand hôtel dans une ville de villégiature. Les toitures basses et en léger retrait sont invisibles depuis le sol, ce qui renforce la modernité des bâtiments par l'aspect toit-terrasse, qui, dans le cas du bâtiment du gymnase, donne des perspectives intéressantes parce que de loin, le portique d'entrée se trouve ainsi surmonté d'une petit fronton triangulaire ; on trouve dans cette architecture des références à l'architecture classique (temple du savoir, temple de l'apprentissage). Mais il n'est pas anodin dans le programme que ce soit le gymnase qui soit le point central, référence à l'éducation antique, sans do ute volonté de souligner l'importance du sport dans l'éducation moderne. Autre référence explicite, l'architecture protestante des temples dans cette région cévenole. Tous les bâtiments comportent une ossature et une structure en béton armé, des remplissages en moellons ou en béton banché. La couverture est en tuiles canal sur toit à croupe, sur charpente métallique. Les trois bâtiments forment un ensemble d'une architecture à la fois simple et monumentale, jouant sur les volumes, les perspectives, la symétrie, avec un dessin des façades subtilement animées grâce au léger relief des ressauts des encadrements et des bandeaux. Le langage architectural est à la fois classique (symétrie, pavillons, régularité, portiques, signaux urbains) et moderne par les matériaux (béton armé) et certains motifs comme le pseudo toit-terrasse ou les claustras.