Commentaire descriptif de l'édifice
Lédification du couvent de franciscains débute le 11 juillet 1962. Conçue selon les plans de larchitecte boulonnais Pierre-André Dufetel, grand prix de Rome, en association avec lun des grands ingénieurs de laprès-guerre André Sarger, elle est terminée en avril 1963 (le même binôme est également auteur du lycée technique Edouard-Branly de Boulogne-sur-Mer). A la suite du remembrement, un terrain est affecté au projet, situé dans le nouveau quartier Damrémont. Il sagit dune parcelle peu profonde, entourée dimmeubles vétustes et limitée à un gabarit de 9m en hauteur. Le projet se caractérise par la diversité de ses fonctions : à la fois lieu dhébergement, de travail et de méditation des religieux, il doit également accueillir une église paroissiale ouverte aux fidèles (notamment aux professionnels de la mer). Lexiguïté du terrain et la variété des services ont conduit larchitecte à concevoir deux volumes distincts se développant sur un plan en L. En bordure de rue, le corps de bâtiment rectangulaire est réservé aux religieux. Sélevant sur deux étages il comprend en rez-de-chaussée les espaces daccueil et de vie, au premier étage les cellules et les salles de travail, et au deuxième étage des salles de réunions et de conférences. Un second volume autonome et ouvert en tous temps aux fidèles, abrite les deux lieux de culte. De forme presque carrée, il accueille en son centre la chapelle principale hexagonale à partir de laquelle rayonnent les autres espaces liturgiques : le narthex, qui fait la liaison entre le premier volume et lentrée donnant sur la rue, le baptistère, le chur, les sacristies, les confessionnaux, lorgue, et la chapelle de semaine, lambrissée de bois et ornée de vitraux (Raoul Ubac et Elvire Jan). La chapelle principale est couverte par un léger voile de béton reposant sur trois points dappui laissant libre de tout autre support lespace liturgique et permettant lunité du volume. Un système de contrepoids central enterré assure le contrebutement des murs. Lédifice est orné de vitraux abstraits, en partie inscrits au titre des monuments historiques, dus à plusieurs maîtres verriers, Elvire Jan, Raoul Ubac et Léon Zack. Ces verrières géométriques sont incluses dans les vides des murs à la base du plafond. Telles des bandes de verre elles symbolisent limportance accordée à la lumière autant pour modeler les volumes que pour créer une atmosphère propice au recueillement. En écho aux verrières, larchitecture de lensemble se compose de formes géométriques simples : mur extérieur de contrebutement ajouré de carrés, pignons triangulaires, plan polygonal de la chapelle. Le couvent retranscrit un certain brutalisme dans lusage de murs en moellons, et surtout dans la mise en uvre du béton laissé brut sur lequel napparaît que le savant travail des coffrages. Vers 1987 les locaux sont désaffectés, la chapelle devient léglise paroissiale Saint Jean-Baptiste, vocable en souvenir du révérend père Jean-Baptiste Duval.