Emplacement, forme et structure de l'escalier
escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie ; escalier dans-oeuvre : escalier droit
Commentaire descriptif de l'édifice
Le manoir du Boberil est un édifice majeur de la commune de L’Hermitage. Il s'inscrit dans un plan rectangulaire simple de 20,60 par 8,90m et est orienté au nord-ouest. Un réseau de douves polygonales ainsi qu’une petite levée de terre témoignent d’un ancien système défensif. Un colombier, à l’entrée du site symbolise le statut seigneurial du lieu. Construit en terre, il était surmonté d’un toit en ardoise, coiffé d’un petit lanterneau. Aujourd’hui disparu, il ne reste que le gros oeuvre du colombier. Une mare, se trouve également au nord-ouest de la parcelle. N’étant pas présente sur le cadastre Napoléonien, ce point d’eau est postérieur à 1829. Elle fait face à un grand chêne majestueux, indiquant l’entrée du manoir. Cette entrée était mise en scène par une grande avenue de deux kilomètres de long, reliant le bourg au manoir. Il fallait passer, depuis le bourg, par l’ancienne chapelle Saint-Marc, érigée en 1592 (aujourd’hui détruite), suivre le chemin de la chapelle en passant devant la ferme du manoir et ensuite emprunter la rabine menant au pied de l’entrée-porte. Au-delà des douves et du mur en terre, se trouve une cour empierrée où s’implante le manoir.Celui-ci est en moellons de schiste et de poudingue maçonnés à la terre. La particularité de ce bâtiment réside dans l’utilisation de la terre pour certains murs porteurs, notamment l’actuel pignon est, reconstruit à la suite d’un incendie. Pour les modénatures et encadrements des baies, l’emploi du granite est systématique. Les principales ouvertures se situent sur la façade nord, donnant directement sur la cour du manoir. Une haute fenêtre dont l'ancienne croisée de pierre a été remplacée par un cadre de bois apporte la lumière nécessaire à l’intérieur de la salle. La porte principale est légèrement décalée à l’est. Elle est précédée par un châpitreau en bois. Dans ses versions primitives, l’intérieur suivait un plan ternaire. Au rez-de-chaussée, la salle basse, à l'origine directement sous charpente, occupe plus de la moitié de la surface au sol de l’ensemble (elle mesure 8m sur 10m). Cette pièce principale est encadrée à l’est par une cuisine et à l’ouest par un cellier. La cheminée se trouve actuellement sur le mur de refend à l’ouest. La présence d’un ancien chaînage dans le mur gouttereau sud indique qu’elle a été déplacée, au sûrement au 16e ou 17 siècle en même temps que le changement de fonction du manoir.Deux escaliers, un à volée droite à l’ouest et le deuxième à vis dans une maçonnerie semi-hors-œuvre, donnent directement accès aux anciennes chambres. Avant que l'escalier n’existe, la porte de la chambre orientale s’ouvrait directement sur le vide de la salle. Il faut donc imaginer l’existence d’un escalier en bois montant le long du mur refend, un modèle restitué au manoir de la Grande Touche à Pacé.Ces deux escaliers étaient indispensable dans une ancienne salle basse sous charpente. Étant toujours en chêne dans le bassin Rennais, ces charpentes se composent d’un entrait, assemblé avec un poinçon de fond. Ces deux éléments de charpente reçoivent la plupart du temps une finition de qualité (bagues et scoties moulurées sculptées dans la masse). Des pièces de bois cintrées (aisseliers et jambes de force) leur donne l'aspect épuré caractéristique des charpentes armoricaines. Le déplacement de la cheminée sur le refend pour permettre la mise en place d’un solivage se retrouve ainsi au manoir de la Grande Touche à Pacé, distant de quelques kilomètres du Boberil, mais aussi au manoir du Molant à Bréal-sous-Montfort.