Description historique
Le site du château du Landin est aménagé sur le coteau boisé surplombant la Seine, en bordure de la forêt domaniale de Brotonne. Le domaine s'étend sur une surface de 50 hectares, composé d'un bois et d'un parc arboré qui lui sert d'écrin. Jean Garin, sieur de Moulineaux, acquiert le fief du Landin vers 1490. Cette famille de parlementaires rouennais obtiennent diverses charges administratives qui contribuent à son ascension sociale : Adam Garin, grand-père de Jean Garin est greffier de l’Échiquier en 1416. Jean Garin est conseiller en cour laie et son fils Jean occupe, entre 1519 et 1543, la charge de lieutenant du vicomte de Rouen avant de siéger au Parlement. Son second fils, Pierre, qui lui succède au Landin, obtient des lettres de noblesse. Sa petite-fille Catherine épouse, en 1639, un bourgeois de Rouen, Mathieu le Roy, qui rend alors aveu du quart de fief noble du Landin comprenant "un château depuis longtemps démoli, ainsi que manoir, maison, colombier à pied, moulin à vent, droit de pêche dans la Seine"". Le domaine échoue en 1683 entre les mains de Pierre Cousin, receveur de la généralité de Rouen, qui l'échange finalement avec les moines de Jumièges contre la seigneurie de Conteville. Monseigneur de Harlay, abbé commendataire, revend le domaine à la duchesse de Chaulnes, châtelaine de La Mailleraye, qui elle-même le cède vers 1755 à l'un de ses proches, Nicolas Thyrel, abbé de Boismont (1715-1786). Ce brillant abbé, prédicateur du roi Louis XV et membre de l'Académie française, fait construire le corps principal de l'actuel château et planter le parc. Peu de temps avant la Révolution, le château devient la propriété de Louis Le Halleur, bourgeois négociant en drap à Rouen. Épargné par la Révolution, il meurt accidentellement en 1803. Après avoir encore changé de mains, le château entre dans l'escarcelle d'Adélaïde Louise Charlotte de Bourbon-Condé (1780-1874), épouse du marquis Guy-Jacques de Chaumont-Quitry (1787-1851). Son fils, Odon, Charles, Joseph de Chaumont-Quitry (1827-1866), devenu chambellan de Napoléon III, donne au château sa physionomie actuelle en ajoutant, entre 1850 et 1860, deux grandes ailes et un avant-corps arrondi couvert d'un dôme. A cette époque, il remanie le parc et fait construire la plupart des dépendances. Son propriétaire ayant été foudroyé par le choléra en 1866, le domaine est racheté par le baron Claude Alphonse de Guénifey et son épouse, née Barbet de Jouy. Les membres de cette famille rempliront les mandats de maire du Landin jusqu'en 1908. Le domaine passe à Henri de Guénifey puis à ses enfants, dont Charles, peintre animalier de renom, et Élisabeth du Moustier qui le transmet à sa fille Yvonne, épouse du vicomte Daru. La propriété a été acquise en 1996 par la famille Coral qui a engagé des travaux de restauration sur le château et ses dépendances, ouvert une activité de d'hébergement touristique (chambres d'hôtes) et valorisé le site par la création d'un haras.