Description historique
Un premier château est mentionné à la fin du 13e siècle à Flamarens. Il est donné avant 1289 par le vicomte d’Auvillar en dot à sa fille, Régine de Goth, lors de son mariage avec Bernard Durfort[1]. La moitié sud du château et la tour d’escalier datent probablement de cette période (parements extérieurs en moyen appareil).Le château est agrandi à la fin du 15e siècle pour Jean de Grossolles, seigneur de Flamarens. Le bail de construction a été publié[2]. Par cet acte de février 1469, Jean de Cazanove, tailleur de pierre du Limousin, s’engage à édifier le château dans les deux ans, contre 241 écus d’or et autres marchandises. Cette campagne de travaux de la fin du 15e siècle donne au château son aspect actuel[3]. Elle comprend l’extension du château primitif vers le nord et l’édification de la grosse tour ronde au nord-est (parements extérieurs en grand appareil). La construction du chemin de ronde doté de machicoulis sur tout le pourtour de l’édifice et celle du puissant contrefort sud datent aussi très probablement de cette période. Le percement des croisées et demi-croisées dans la partie ancienne est peut-être contemporain de ces travaux bien que leur profil soit différent de celles de la partie nord.Des poutres conservent des décors peints attribuables au début du 16e siècle[4].Le château est transformé au 18e siècle. Le premier étage notamment est divisé, modifiant radicalement le parti d’origine (cloisons, plafonds, cheminées, menuiseries). Les lucarnes qui coupent les machicoulis à l’ouest et à l’est datent aussi probablement de cette période, tout comme les fenêtres couvertes d’arcs segmentaires visibles sur la plupart des élévations.Le château reste propriété de la famille de Grossolles jusqu’au 19e siècle et est progressivement abandonné à la charnière des 19e et 20e siècles.En juin 1943, un incendie provoqué par la foudre détruit les toitures. Le château est classé au titre des Monuments historiques en 1965. De premiers travaux de toiture sont entrepris sur la partie sud dès la fin des années 1960, ainsi que la réfection de certaines fenêtres notamment sur la tour[5].L’actuel propriétaire œuvre à la restauration de l’édifice depuis 1983. Les choix de restauration visent à redonner à l’édifice sa silhouette antérieure à l’incendie de 1943, bien connue grâce à plusieurs photographies et cartes postales anciennes. Depuis les années 1990, les différentes campagnes de travaux ont permis la poursuite de la mise hors d’eau, la réinstallation de planchers là où ils avaient disparu, le coulage d’une dalle en terrasse sur la partie 15e siècle du corps de logis, la réparation de la tour d’escalier, la réfection de la toiture de la tour carrée ouest, la reprise des fenêtres et des croisées, puis les restaurations intérieures.Lors des travaux réalisés en 2024, le chemin de ronde de la tour maîtresse a été restauré et la toiture de cette même tour a été restituée. La charpente conique haute de 15 mètres a été positionnée sur la tour à l’aide d’une grue en novembre 2024. Les travaux doivent se poursuivre avec la restitution de la toiture de la tour d’escalier de du grand comble de la partie nord (corps de logis fin 15e siècle). [Les informations de ce dossier sont principalement issues de la bibliographie disponible et de l’étude des photographies anciennes et actuelles. L’étude de l’édifice in situ reste à faire.][1] COURCELLES, Chevalier de, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, t. 6, Paris, 1826, p. 17.[2] LAGLEIZE, Abbé, « Bail de construction du château de Flamarens », BSAG, 1908, t. 9, p. 80-86.[3] DUCOS, Jean-Henri, « Visage de l’architecture seigneuriale à la veille du 16e siècle en Gascogne gersoise », BSAG, 1961, p. 426-450.[4] CABAU, Patrice et SCELLES, Maurice, « Bulletin de l’année académique 2004-2005 », Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. LXV, 2005, p. 279-280.[5] THOUIN, Stéphane, Château de Flamarens, département du Gers, Études d’avant-projet, Restitution des toitures disparues, mars 2023.