Description historique
La fabrique de quincaillerie aurait été fondée dès 1806 par les frères Japy, à l'emplacement d'un ancien moulin établi sur le ruisseau de Lafeschotte. Pour pallier les périodes de chômage du martinet dû au débit insuffisant du cours d'eau, les frères Japy construisent vers 1825 l'usine de la Casserie, située 400 m en aval (IA00055247). La fabrique de Lafeschotte du Haut est qualifiée en 1835 de fabrique de vis à bois. La production annuelle atteint 80 000 grosses (soit plus de 11 millions) de vis en 1851. L'usine est agrandie vers 1854 et dotée d'une scierie en 1858, agrandie (ou reconstruite) en 1863. Elle subit vers 1872 d'importants travaux, peut-être suite à un incendie, et semble se consacrer désormais à la fabrication d'emballages pour les productions Japy. Vers 1890, la fabrique connaît de nouvelles extensions, liées à l'essor de l'usine de la Casserie : adjonction d'une salle pour la machine à vapeur en 1887 et d'un bâtiment abritant quatre fours à émail en 1889. Le site est agrandi vers 1906 (magasin de cuivre, cheminée, abri pour locomobile), puis de nouveau vers 1912 (ateliers de polissage et de menuiserie, bâtiment des chaudières). Entre 1901 et 1911, divers ateliers (mélanges des émaux, vernissage, aluminium), équipements (transformateur électrique, salle des chaudières et cheminée) et magasins sont construits à l'ouest du site de Lafeschotte du Haut, opérant la jonction avec l'usine de la Casserie. Le site de Lafeschotte du Haut cesse son activité à une époque indéterminée, vraisemblablement au milieu du 20e siècle. Il ne restait en 1980 qu'un bâtiment en ruine, qui a laissé place peu après à une zone industrielle. Les bâtiments situés à l'ouest ont en revanche été utilisés pour le lancement de nouveaux produits (pots à lait en almasilium en 1943, fûts à bière en 1947), avant d'être repris en 1955 par la société d'équipement ménager Japy (devenue Japy-Marne en 1963). Celle-ci poursuit la fabrication des pompes semi-rotatives Japy - dont la production mensuelle atteint 5000 unités en 1964 - jusqu'à la liquidation de Japy Marne en 1979. Une SCOP, fondée en 1981, reprend cette activité, qui avait débuté vers 1850. Elle occupe un vaste atelier construit vers 1911, alors que trois autres magasins, qui ont échappé à la démolition du site, sont occupés par de petites entreprises. L'entreprise Japy Pompes fabrique annuellement environ 8000 pompes destinées au secteur maritime, à l'industrie, au bâtiment, aux travaux publics et au transport (pompes manuelles rotatives et semi-rotatives, pneumatiques, électriques, etc.). Elle est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, distinction accordée pour identifier les entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d'excellence. En 1836, les frères Japy demandent l'autorisation de faire usage d'une machine à vapeur de 12 ch dans leur usine de vis. En 1851, l'établissement renferme trois roues hydrauliques et une machine à vapeur d'appoint. Un arrêté préfectoral du 26 mars 1862 autorise l'usage d'une chaudière et d'une machine à vapeur de 20 ch. En 2011, la société conserve des machines américaines (hors service), pour certaines importées lors du plan Marshall après la Seconde Guerre mondiale : 9 tours horizontaux Potter et Johnson, un tour Rabial, un tour Wermelinger (Vincennes), un tour AMC, une fraiseuse double Somua (Saint-Ouen), une fraiseuse simple Olivetti, une perceuse multiple Natco et une perceuse à colonnes multiple Citroën. La SCOP Japy Pompes emploie 12 personnes en 2011.