Description historique
En juillet 1825, les frères Japy demandent l'autorisation d'établir une "nouvelle usine mise en jeu par deux roues à aubes de 4 m et 4,6 m de diamètre" située 400 m en aval de leur martinet de Lafeschotte. Cet établissement est destiné à "convertir les fers et aciers forgés en diverses pièces de mécanique à usage des fabriques, tissages, filatures et à préparer les objets nécessaires à la limerie, à la serrurerie et à la quincaillerie". L'ordonnance royale du 2 avril 1828 autorise cette construction, mais il semble que l'usine soit déjà en activité à cette date. Très rapidement, elle se consacre à la fabrication d'ustensiles ménagers en fer battu, étamé, verni ou émaillé, localement appelée "casserie". La production annuelle atteint rapidement 5 t d'ustensiles divers (110 articles de cuisine en 1845) et la "fabrique de casseroles" est agrandie en 1841, puis en 1854. En 1851, près de 100 000 pièces de fer battu sont fabriquées dans l'usine. Entre 1863 et 1872, elle connaît une importante extension : magasins divers (de fer et sulfate de fer, de suif, de modèles et de pièces), ateliers (noircissage et vernissage), halle de la machine à vapeur. La matrice cadastrale mentionne la construction de maisons, vraisemblablement pour loger les ouvriers, en 1838, 1839, 1850 et 1853. L'usine est de nouveau agrandie entre 1884 et 1891, où sont successivement bâtis deux "émailleries et des ateliers de décorage et de picorage, un bâtiment des mélanges, un atelier de moulin à émaux et un magasin pour pièces". Elle s'étend notamment sur la commune de Fesches-le-Châtel (B 11 à 16). En 1894, le site est desservi par une voie de raccordement ferroviaire de 2300 m et cinq embranchements. De 1902 à 1913, le développement de la Casserie nécessite des agrandissements d'ateliers (émaillerie, décor), ainsi que de nouvelles constructions (étamerie, vernissage, magasin, bâtiment des chaudières, gazogène). La fabrique est dotée d'un poste de transformation électrique en 1909. Elle se développe alors vers l'amont de la vallée, en direction de l'usine de Lafeschotte du Haut (IA00055246). Elle fournit près de 3,5 millions de casques aux armées françaises et alliées pendant la Première Guerre mondiale. Un atelier de fabrication de plaques émaillées (étiquettes, plaques de rues, enseignes publicitaires), employant 35 personnes et fabriquant 22 t chaque mois, a fonctionné jusqu'en 1930. L'émaillerie construite au sud du site est démolie en 1950. Suite à l'éclatement de la firme Japy en 1955, l'activité se poursuit avec la société d'équipement ménager Japy, devenue Japy-Marne en 1963 suite à la fusion avec la société des Emailleries de la Marne, à Saint-Dizier (52). En 1964, la fabrique produit 350 t d'articles émaillés (400 000 pièces) et 50 t d'articles ménagers galvanisés. Mise en liquidation en 1979, l'usine est reprise par une SCOP en 1983, qui poursuit la même activité sous le nom de Cristel. Une partie des ateliers est détruite en 1985-1986 (découpage). En 1987, la SCOP laisse place à la société DJA Cristel, qui se lance dans la production d'articles culinaires haut de gamme en inox (casseroles, poêles, ustensiles divers). L'ensemble des bâtiments, datant de la fin du 19e et du début du 20e siècle, a été réhabilité entre 1995 et 1997, complété de constructions nouvelles : un atelier d'emboutissage en 1995 et un magasin industriel achevé en 2009. La société Cristel produit quotidiennement 2000 pièces (casseroles, poêles et articles ménagers divers).Données techniquesEn 1850, l'usine utilise une machine à vapeur pour actionner un marteau-pilon, et trois roues hydrauliques pour les martinets. En 1967, l'usine renferme 45 presses découpoirs, 5 cisailles et 63 tours.Données socialesL'usine emploie 1075 personnes en 1912, 200 en 1967, 30 en 1983 et 90 en 2011.