Description historique
Le château est mentionné pour la première fois en 1242. A l'époque médiévale, il comportait certainement un moulin, attesté en 1504 par le changement de nom du village : Bussy devient Bussy-la-Pesle, allusion à la roue qui fait tourner le moulin. Le logis comportait alors plusieurs bâtiments séparés, situés sur une esplanade et entourés de douves (encore présentes sur le cadastre napoléonien de 1829 (Archives départementales de Côte-d'Or)). L'accès se faisait alors par l'ouest, et non par le sud, comme aujourd'hui, et on arrivait par un petit passage voûté sous un premier bâtiment carré. Au rez-de-chaussée de ce dernier, accessible aujourd'hui par quelques marches en contrebas de la cour, se trouve la cuisine. Elle a conservé une cheminée en état de fonctionnement, de type 13e siècle, avec consoles moulurées. D'autres consoles, ornées d'un trèfle, de part et d'autre de l'actuelle entrée, laissent supposer la présence d'une autre cheminée médiévale à cet endroit. Plusieurs baies, côté fossé, en partie remaniées, sont à attribuer à cette période. La tour d'escalier hexagonale hors-oeuvre était au centre de la façade d'un deuxième bâtiment. Si la cave (entrée à droite de la tour d'escalier), vestige d'une ancienne implantation du logis, est antérieure, les embrasures de portes et des fenêtres de la tour, sous arc mouluré en accolade, donnent une datation de l'ensemble du 15e ou du début du 16e siècle. Des restes d'enduits anciens ocre jaune et ocre rose sont conservés à l'intérieur de la tour. Des fenêtres donnant au sud permettent de dater du 18e la jonction entre le logis 16e et le passage voûté médiéval. La date de 1819, portée sur l'aile droite en retour indique une construction sous Tanneguy le Compasseur de Courtivron, héritier de Bussy et maire de Dijon. La propriété reste dans la famille jusqu'en 1920. La toiture en ardoise avec crête et épis de faîtage, le petit clocheton apposé en encorbellement sur l'aile gauche, au-dessus d'une terrasse ajoutée, les enduits à faux joints blancs sur la tour d'escalier et le petit passage à droite de cette même tour indiquent une reprise en main du bâtiment au début du 20e siècle. (cf. Brigitte Colas, recherche menée sur le château de Bussy-la-Pesle, juillet 2010 ; Hervé Mouillebouche, Les maisons fortes en Bourgogne du Nord du XIIIe au XVIe siècle, Editions Universitaires de Dijon, Dijon, 2002.)