Cité jardin ; cité ouvrière
Cité de la Petite Campagne, puiscité Standard, actuellementcité Vacuum
Cité jardin de la Petite Campagne
Normandie ; Seine-Maritime (76) ; Notre-Dame-de-Gravenchon ; cité de la petite Campagne
Vallée de la Basse-Seine
La Petite Campagne (hameau)
Du Général Gascoin (avenue ) ; Amiral Grasset (avenue ) ; Charles despeaux (rue ) ; Maurice Fenaille (rue ) ; André Leehnardt (rue ) ; Clément Quervel (rue ) ; du Président Robert André (rue) ; Henri Cadeau (place) ; de la Pommeraie (rue) ; des Tilleuls (rue) ; des Cerisiers (rue ) ; des Chênes (rue ) ; des Marronniers (rue) ; des Lilas (rue ) ; des Peupliers (rue)
2008 AA, AB
En village
La Seine
Maison ; logement d'ouvriers ; logement de contremaître ; logement patronal ; chapelle ; immeuble à logements ; école ; magasin coopératif ; salle des fêtes ; gymnase ; club-house ; poste
Raffineries de pétrole Standard Franco Américaine de Raffinage et Vacuum Oil Company, puis Esso Standard et Mobil Oil puis raffinerie ExxonMobil Corporation
IA76002746
2e quart 20e siècle ; 3e quart 20e siècle
1932 ; 1935 ; 1936 ; 1938 ; 1960
Daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques
Attribution par source ; attribution par travaux historiques
Le projet de création d'une importante cité destinée au personnel des deux raffineries de Port-Jérôme, proposé par les sociétés Standard Franco Américaine de Raffinage et Vacuum Oil Compagny, est approuvé par le conseil municipal de Notre-Dame de Gravenchon en août 1931. A cette date les deux usines sont encore en construction (elles ne seront mises en service qu’au printemps 1933) et la commune guère plus qu'un gros village de 555 habitants. La construction de 5 à 6 000 logements est envisagée dans un premier temps. Le choix retenu par les raffineurs est celui de la cité-jardin dotée de « tous les services d’une ville moderne : distribution d’eau potable, électricité, égouts, hôtel, salle des fêtes et terrain de sport autour d’une ferme normande pittoresque qu’on a conservé». L’emplacement retenu est fixé à 2 km au nord des raffineries, sur le hameau de la Petite Campagne qui donnera son nom à la cité. Situé à la retombée du plateau, en contre-pente du bois d’Harcourt, le site jouit à cet endroit d’une exposition au sud, tout en étant à l’abri des vents dominants. Cette implantation doit épargner aux habitants la nuisance des odeurs dégagées par les usines. Du point de constructif, le modèle retenu est celui de la cité jardin de style régionaliste, néo-normand, très en vogue depuis les années 1880 et plus encore après la Grande Guerre.Les travaux sont confiés à la société des HBM de la Seine Inférieure et lancés au début de l’année 1932, juste après la parution de l’arrêté préfectoral les autorisant. La première tranche de construction porte sur un terrain de 25 ha, affecté pour moitié à la Standard (13 ha couvrant la partie sud et ouest) et à la Vacuum (12 ha occupant la partie nord et est). Pour accélérer le chantier, un tour à béton est installé place de Normandie permettant de produire les éléments préfabriqués servant à la construction des maisonsLes plans d’ensemble organisant la cité comme ceux des différents modèles de maison et des équipements publics sont signés par les architectes « départementaux », tenants du régionalisme, Pierre Chirol, Georges Peulevey et R. Boulmier.Les rues relevant de la Standard Franco Américaine de Raffinage portent pour la plupart des noms d'industriels du pétrole comptant parmi les membres fondateurs de la société : Alexandre André, Maurice Fenaille, Charles Despeaux, Clément Quervel... Celles relevant de la Vacuum Oil Compagny sont baptisées plus communément de noms d'arbres : Ormes, Cytises, Marronniers, Peupliers, Lilas, Tilleuls… Lors de la construction de la cité, les lotissements des deux raffineurs étaient séparés par un espace vierge, aujourd'hui bâti.Suivant les préceptes de la cité-jardin visant à favoriser le bien-être physique et moral des ouvriers, les modèles d’habitation de la cité de la Petite Campagne sont diversifiés, construits avec soin et intégrés à un environnement paysager. La tradition des raffineurs d’offrir aux grandes occasions un arbre fruitier à leur salariés montre l'importance accordé au végétal. Néanmoins, suivant les principes de la cité ouvrière paternaliste, visant à maintenir chacun à son rang, la cité de la Petite Campagne reproduit la hiérarchie existant au sein de l’entreprise. Ainsi la taille et le confort des habitations sont en rapport avec le rang occupé dans l'usine. Les ouvriers sont logés dans des maisons jumelées agglomérées en ilots denses, les employés dans des pavillons individuels (dotés du chauffage central à partir du rang d'agent de maîtrise), les ingénieurs dans des villas cossues dotées de grands jardins et le directeur dans une somptueuse demeure qui domine symboliquement l'ensemble. La surface des jardins varie selon le standing des logements de 300 à 1 800 m². L'ascension dans l'entreprise s'accompagne d'un déménagement, de sorte que le logement corresponde à la promotion obtenue. Les célibataires sont quant à eux logés collectivement dans un « hôtel », celui de la Standard est édifié avenue Amiral Grasset et celui de la Vacuum place des Marronniers. La construction des logements de la cité-jardin est achevée en 1935 avec le lotissement d'un dernier ilot de 20 parcelles doubles (14 pour la Standard, 6 pour la Vacuum) construit près de la place Pasteur par la société HLM de Seine-Inférieure . Elle compte alors 1 200 habitants soit plus de la moitié de la population de la commune. La cité est d’emblée équipée de tous les services d’une ville moderne (réseau d’eau potable, assainissement, téléphone, éclairage public, station-service…) et dotée bien sûr des équipements traditionnels (écoles, salle des fêtes avec cinéma, terrain de sport, chapelle, poste…). La construction d’un nouveau groupe scolaire, permettant d’accueillir les nombreux enfants de la cité, est entérinée par le conseil municipal le 21 mars 1933. En sus de la subvention de l’État, la commune reçoit des raffineries un prêt gratuit pour les travaux et le terrain à titre gracieux. Le groupe scolaire est inauguré le 12 juillet 1936. Il comprend deux écoles, une de filles et une de garçons, édifiées sur des plans rigoureusement identiques de part et d’autre de la place de Normandie qui constitue le cœur de la cité. Mais l’augmentation constante des effectifs nécessite, dès 1938, l’ouverture de nouvelles classes et l’adoption d’un plan d’agrandissement l’année suivante.L’ancien bureau de poste du village, par trop vétuste est remplacé par un nouveau dont les plans et devis sont approuvés par le conseil municipal en février 1935. Le choix de son emplacement fait l’objet de nombreuses dissensions. Il est finalement construit sur un terrain cédé par la Standard, au sud de la cité à proximité de ses lotissements.La mairie qu’il est un temps question de transférer vers le secteur Saint-Georges (nouveau centre gravité de la commune situé au sud de la cité) est finalement simplement agrandie. Le projet d’agrandissement (consistant dans le rajout d’une aile) est approuvé par le conseil municipal le 30 septembre 1937. Les travaux commencent en 1938.Le 31 janvier 1937 l’association des Jardins ouvriers de la Petite Campagne est créée, initiée par le directeur de la Standard lui-même, Raymond B. Yong, féru de jardinage. Face à la porte A de la raffinerie Standard, 300 parcelles deviennent des jardins ouvriers. A la fin des années 1960, de nouveaux jardins sont créés à Saint-Georges au pied de la falaise et rue de la République.Deux clubs-house, proposant billards et salles de bridge, sont mis à disposition des employés les plus hauts placés. Celui de la Standard est établi dans une ancienne chaumière normande soigneusement restaurée. La gestion de la cité est assurée par les raffineurs qui prennent en charge le ramassage des ordures ménagères, l’entretien des équipements, de la voirie et des espaces verts… Coté ravitaillement, aucun commerce n’est toléré en dehors de l’Économique de Normandie créé par la Standard place de Normandie.
Brique ; enduit partiel ; bois ; pan de bois ; enduit ; béton ; béton armé
Tuile mécanique
Plan radioconcentrique
La cité est établie sur un plan radio-concentrique et s'organise autour de deux places aménagées en parterres engazonnés qui jalonnent la longue avenue du Général Gassoin : la place Henri Cadeau en hémicycle marque l'entrée de la cité. La place de Normandie qui regroupe équipements publics (groupe scolaire et commerces) constitue son point nodal. Le style régionaliste qui est donné aux différents bâtiments s'appuie sur l'utilisation des matériaux locaux (brique, calcaire ou silex au rez-de-chaussée, enduit et faux pan-de-bois à l'étage, tuile en couverture) en sus du béton qui reste le principal matériau de mise en œuvre et des volumes caractéristiques de l'habitat traditionnel (lucarnes, imbrication des toits à longs pans et demi croupe). Ces références régionalistes confèrent à la cité une grande homogénéité et participent à son intégration au tissu rural environnant.
Architecture contemporaine remarquable
À signaler
Propriété privée
2006
(c) Région Normandie - Inventaire général
2008
Real Emmanuelle
Sous-dossier
Région Normandie – Service Inventaire du patrimoine