Description historique
Documents figurés :Parmi les sources conservées aux archives départementales (série O), un plan de 1819 (doc. 1) figure les six moulins existant sur le site, dont quatre appartiennent à M. Morgan, à l'ouest de la Selle, et deux à M. Riquier, à l'est.Sources :Les matrices cadastrales indiquent que le site appartient au maire d'Amiens, M. Morgan d'Epagny (B 449 à 461) et au meunier Riquier (B 462 à 465). A l'est de la Selle, le meunier Riquier possède deux moulins (B 464 et 465), cour et bâtiment (B 463) et verger (B 462). La propriété est ensuite divisée. En 1834, le meunier Alexandre Brunel devient propriétaire des parcelles B 462 à 464. Il fait construire une maison vers 1837 (date d'imposition) dans le verger. En 1842, le bâtiment existant sur la parcelle B 463 est converti en bâtiment rural. En 1864, il adresse une réclamation sur l'imposition du moulin (B 464). En 1840, le meunier Hilaire Boulanger est propriétaire du moulin (B 465) et d'une partie des parcelles B 462 et 463. En 1863, il fait partiellement démolir le moulin. Ces propriétés seront réunies à celle de L. Arquembourg et de ses successeurs en 1894.A l'ouest de la Selle, M. Morgan d'Epagny possède cinq moulins à bois (B 452 à 454, 456 à 457), un moulin à farine avec logement (B 458), cour et bâtiment (B 455), verger (B 459), jardin (B 460) et bâtiment (B 461). En 1838, les moulins de M. Morgan d'Epagny sont réduits dans leurs revenus.Vers 1858, l'ensemble devient la propriété des filateurs Louis et Charles Arquembourg, alors établis à Bacouël, puis de Louis Arquembourg, en 1883, domicilié à Pont-de-Metz, et de sa veuve, en 1894. L'usine appartient ensuite à la famille Saint-Frères (1898), puis à Otto Petersen (1905). Enfin en 1910, la propriété est divisée entre l'ingénieur Emile Henri Arquembourg et la S. A. dite manufacture de laines Renaissance (anciens établissements O. Petersen).Les six moulins de Morgan d'Epagny sont démolis en 1858 et en 1862. Louis Arquembourg fait construire une filature (B 455) et une maison (B 456), en 1859. En 1862 les matrices signalent une démolition partielle d'un bâtiment situé sur la parcelle B 455, où un magasin est construit en 1866.En 1864, Louis Arquembourg est propriétaire d'une maison (B 444) qu'il fait démolir.En 1865, il est propriétaire de deux jardins (B 580 et 581), dont il fait partiellement cession à la commune pour l´élargissement de la route.En 1868, il fait construire une maison, sur une parcelle dont il est également propriétaire (B 448), ainsi qu´un bureau et un magasin (B 466). En 1885, une boulangerie est construite sur cette même parcelle.Louis Arquembourg fait agrandir la filature en 1882 et en 1896. Il fait l'acquisition de sept maisons (B 582) et de trois maisons (B 445), en 1883. En 1894, il fait démolir deux bâtiments (B 450 et 451). La famille Saint Frères fait construire une maison du directeur, une maison de concierge et une écurie en 1901, à l'emplacement du moulin d'Hilaire Boulanger partiellement démoli. La maison construite en 1868 pour Louis Arquembourg est agrandie d'une remise et d'un logement de concierge en 1901 (elle sera revendue en 1925 à l'architecte André Rebayrotte-Pontet).Otto Petersen fait partiellement démolir le moulin subsistant (B 464) en 1901 pour y installer un outillage industriel en 1905, agrandi en 1909. Des bureaux sont construits en 1911 (B 455).La manufacture de laines Renaissance S. A. fait agrandir le magasin d'outillage industriel en 1913 et 1914 (B 464), fait construire bureau, garage et magasin en 1930 (B 455). Sur la parcelle B 465, elle possède la maison du directeur, un moulin, une maison du concierge et une écurie et fait construire une aire de battage et un réfectoire, en 1926.Les sources conservées aux archives départementales (série M) que Louis Arquembourg fait installer une chaudière à vapeur (Veillet Lescure) de 21,574 m3 et un récipient (Veillet-Lescure) de 0,126 m3, dans la filature de lin, en 1895.Une usine de traitement des chiffons à l´acide chlorhydrique est établie sur le site par le teinturier Otto Petersen, en 1902 ; il joint un plan dessiné en 1901 figurant la future installation.Travaux historiques :La notice géographique et historique, rédigée en 1899 par Jules Lambert, signale la manufacture de fils de lin, dont l'activité a cessé en 1897.Selon le recensement établi par B. Dufournier (1985), le site industriel est documenté par un plan de 1843 montrant trois moulins (détruits depuis) comportant huit roues hydrauliques verticales. Vers 1870, il est fait mention d'une filature de lin Arquembourg ; un moulin à farine est cité en 1888. L'essentiel des bâtiments (ateliers de fabrication, deux cheminées et logement patronal) semble se rapporter aux années suivantes, notamment à la reprise de l'usine par Otto Petersen en 1902, qui installe une unité de traitement des chiffons par l'acide. Vers 1952, la S. A. des anciens Ets Petersen a une activité diversifiée. La seule activité industrielle à signaler ensuite est celle de l' Oxygène de Picardie, installée dans une partie des locaux ; diverses autres parties ont été incendiées en 1972 et 1987.Equipement industriel et machines : Une roue Sagebien est mentionnée en 1870. Une turbine Teisset et Chapron, alternateurs et compresseurs, étaient en place au moment de l'enquête (fig.).