Commentaire descriptif de l'édifice
Demeures de paysans de condition très médiocre, les habitations sont pauvres et exigües. Les deux tiers d'entre elles mesurent moins de 50 m², les plus grandes n'atteignent pas 100 m². Les quelques maisons qui comportent plus d'un corps de bâtiment résultent de l'agglomération récente de parcelles autrefois distinctes. Beaucoup de maisons sont précédées d'une petite cour, qui les sépare de la voie publique et où se développe l'escalier extérieur, mais cet espace n'est jamais clôturé et est souvent mal perceptible. Comme le terrain penche, et souvent avec vigueur, l'étage inférieur est presque toujours en soubassement (7 rez-de-chaussée seulement) et l'étage supérieur en rez-de-chaussée surélevé (55%) ou en comble (24%). La répartition des fonctions consacre presque exclusivement (4 exceptions) l'étage inférieur à l'exploitation agricole. Dans cet espace polyvalent, les aménagements restés apparents signalent surtout la stabulation du gros bétail (crèches) et la fabrication du vin (cuves), mais l'usage encore vivant montre qu'on y remisait aussi le matériel agricole, les véhicules et le petit bétail (volailles, lapins, ovins et caprins). L'habitation occupe principalement l'étage médian ou, quand celui-ci n'existe pas, l'étage supérieur. Le comble, simple ou en surcroît, abrite souvent (36 %) un fenil et/ou un séchoir. La diversité des fonctions, le partage de certaines maisons entre plusieurs propriétaires et le souci de ne pas amputer un espace interne plutôt étroit ont conduit à multiplier les accès extérieurs. Toujours présent et parfois multiple à l'étage inférieur, l'accès direct rend autonomes 75% des étages médians et 37,5% des étages supérieurs ; 19 maisons ont tous leurs étages accessibles depuis l'extérieur, 15 seulement n'en ont qu'un. La multiplication des portes rend souvent atypiques les élévations, dont plus des deux tiers n'entrent pas dans les catégories habituelles en Provence. Pour permettre la desserte, les escaliers extérieurs sont nombreux. Malgré quelques destructions, on en a compté 39, droits ou en équerre, souvent perpendiculaires à l'élévation, presque tous à marches monolithes. A l'inverse, les escaliers intérieurs sont peu fréquents. Ceux qui ont été observés ne relient que deux étages et n'ont donc qu'un rôle secondaire dans la distribution. Le mode de construction, très uniforme, utilise les ressources locales : le calcaire marneux du sous-sol, débité en moellons bruts ou équarris liés au mortier de chaux, parfois taillé pour former les chaînages d'angle (18 cas) et des encadrements de baies (3 cas). Un enduit assez grossier, continu (rustique) ou discontinu (à pierres vues), couvre la maçonnerie et habille les baies encadrées de moellons (piédroits et appuis) et de bois (linteaux). Sauf trois modestes exceptions (cadran solaire et faux encadrements peints), le décor est inexistant. Les petites surfaces couvertes rendent inutiles les toitures complexes. Le standard provençal règne sans partage : toit à une pente, rarement à longs pans, composé de pannes, chevrons, voliges et tuiles creuses, mais, particularité locale liée au climat, avec des saillies de rive soutenues, comme les avant-toits, par une génoise ou l'extrémité des chevrons. La maison bloc en hauteur, qui est ici la règle, comporte 2 (28%), 3 (65%) ou 4 (7%) niveaux. Les divisions internes sont assurées assez rarement par des voûtes (2 berceaux segmentaires), le plus souvent par des planchers à charpente massive, parfois renforcés par des poteaux ; ces couvrements associent aux poutres, pour les étages d'habitation, des solives très rapprochées, taillées à l'herminette, supportant une semelle en maçonnerie de moellons et de mortier, elle-même recouverte d'un pavement en lauses ou d'une couche de plâtre grossier ; pour les étages de comble, un rang de planches épaisses suffit. Le plâtre, produit sur place ou dans le voisinage, a servi à enduire les murs, monter les cloisons qui, parfois, sépare nt deux pièces ou isolent, dans un angle, le réduit obscur qui devait abriter les réserves alimentaires et textiles. Les aménagements conservés consistent en quelques cheminées à hotte pyramidale, des placards muraux, des éviers et des potagers parfois habillés de carreaux vernissés, un pigeonnier. Il reste quelques menuiseries de porte et de fenêtre de facture rustique, fermées par des loquets rudimentaires en bois. La variété des constructions n'est pas aussi riche que pourrait le laisser croire le nombre des types repérés (4). Le type IIA (maison à circulation externe) est sans doute le plus ancien probablement le seul utilisé au Moyen Age - même s'il ne représente aujourd'hui qu'un tiers du corpus. La surimposition d'un étage supplémentaire à l'époque moderne a obligé à ajouter un organe de distribution interne, qui complète l'ancien dispositif : c'est le type IIC, de loin le plus nombreux (50%). Les types I1 et I2 à circulation interne, peu nombreux (respectivement 12 et 9%), proviennent soit de l'imitation de modèles urbains très usités en Basse-Provence, soit de la transformation, à date récente, d'exemplaires traditionnels. Parmi les maisons répérées : 23 maisons avec parties agricoles en parties basse et haute (36,5%) ; 4 maisons sans partie agricole (6,5%) ; 13 maisons de type indéterminé (20,5%).