Description historique
En 1817, Pierre Saillard, achète un moulin à blé construit en 1807 et le convertit en laminoir pour la fabrication de plaques de laiton et de zinc. Ce bâtiment construit dans l'angle nord-ouest de l'usine actuelle était le berceau de cette dernière et a été détruit dans les années 1960. En 1833, il est vendu à Jean-François Mesmin puis, en 1841, aux frères Estivant, propriétaires de tanneries et d'usines de colle à Givet. Grâce à l'usine de Flohimont qu'ils vont développer et aux autres sites de la vallée de la Houille qui leur appartiennent, ils fabriquent des plaques de foyer pour locomotive, des enveloppes et tubes pour calorifères mais aussi des chaudrons, des bassines, des plaques de doublage pour coques de bateaux. En 1850, les frères Estivant prennent la concession des mines de cuivre de Corocoro (Chili) pour s'assurer de l'approvisionnement de leurs usines et, en 1860, ils inventent un procédé révolutionnaire pour fabriquer les tubes de cuivre sans soudure qui seront employés en grande quantité notamment dans les sucreries. Au décès de Félix Estivant, en 1878, son frère Edouard vend toutes ses usines à Pierre Eugène Secretan propriétaire de la Société Métallurgique du Cuivre. En 1881, il fait élever le logement du directeur subsistant toujours dans le parc à l'ouest de l'usine. La même année, sa société fusionne avec le groupe Laveissière pour former la Société Industrielle et Commerciale des Métaux qui est vendue en 1892 à la Compagnie Française de Métaux (CFM). Entre 1875 et 1890 est construite la grande unité de production de tubes à l'est de l'usine, appelée le Tonkin (agrandie en 1897, vers 1922, 1965 et dans les années 1980-90). En 1897, l'usine est à nouveau étendue vers l'est (vers la Houille) et comporte dès lors une fonderie, un atelier des tubes, un laminoir et une tréfilerie ; elle est également raccordée au port fluvial de Givet par une voie de chemin de fer. En 1906, la municipalité de Fromelennes oblige l'usine à élever une cheminée de 82m afin d'envoyer les fumées au loin. En 1912 (date portée sur les arcs des fenêtres) , une centrale énergétique est construite ; elle comportait une grande chaudière dans un corps de bâtiment et des turbines à vapeur avec commutatrices (conservées) dans le second bâtiment accolé. Lors de la Première Guerre mondiale, la tréfilerie installée en 1912 est pillée et la fonderie détruite mais l'usine est remise en service après le conflit et la tuberie est à nouveau agrandie vers le sud. Après la Seconde Guerre mondiale, la production est recentrée sur le tube de cuivre ce qui lui permet de devenir l'une des plus grandes tuberies du monde. En 1962, la CFM et les Tréfileries et Laminoirs du Havre fusionnent sous le nom de Trefimétaux. Vers 1965, l'atelier de production des tubes est agrandi pour la troisième fois et la cheminée est transformée en château d'eau. Trefimétaux fusionne avec CEGEDUR au sein de Péchiney qui deviendra Péchiney Ugine Kulmann (PUK) en 1971. Les bâtiments de l'ancien laminoir de Fliment construit en 1830 (en amont sur la Houille) , qui avaient été incorporés à l'usine, sont rasés en 1980 et remplacés par une nouvelle unité de tubes dite Rochefagne. En 1987, Trefimétaux sort du groupe PUK pour rejoindre la société italienne SMI ; en 1995, cette dernière, Trefimétaux et KM-Kabelmetal fusionnent pour donner naissance à KME, premier transformateur mondial de cuivre. Connue jusqu'en 2007 sous le nom de Tréfimétaux SA, l'usine change une dernière fois de nom et devient KME France SAS. En 1856, l'usine est dotée d'une machine à vapeur puis d'une seconde de 50 ch en 1856 fournie en énergie par deux chaudières ; deux autres chaudières, une machine à vapeur de 50 ch, une de 5 ch et deux autres de 4 ch ainsi que deux marteaux-pilons sont installés en 1860. En 1914, la force motrice est fournie par 5 turbines hydrauliques, 7 machines à vapeur et la centrale thermo-électrique de 2000kw. L'usine est raccordée au réseau EDF en 1938 pa r une ligne de 15 000 volts, par une seconde de même puissance en 1955 et enfin par une de 63 000 volts en 1965.£La production atteint 9600 tonnes de demi-produits (plaques, bandes, barres, fils, câbles, tubes) et 8500 tonnes de cuivre brut en 1914 ; 4800 tonnes de tubes sortent annuellement en 1949, 25 000 en 1983 et 42 000 en 1990 et 133 000 tonnes de cuivre sont coulées en 2005.£Vers 1860-70, l'usine compte 368 ouvriers, environ 1000 vers 1900, 1100 en 1949, 1030 en 1982, 620 en 1987 et 386 actuellement. D'importantes grèves marquent l'usine en 1904 et 1936.