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Plateforme ouverte du patrimoine

Ensemble castral dit château de Montségur

Désignation

Dénomination de l'édifice

Ensemble castral

Appellation d'usage

Château de Montségur

Titre courant

Ensemble castral dit château de Montségur

Localisation

Localisation

Occitanie ; Ariège (09) ; Montségur

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Ariège

Canton

Lavelanet

Lieu-dit

Château (Le)

Références cadastrales

2006 A1 851, 852

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

Isolé

Partie constituante non étudiée

Château fort ; donjon ; enceinte ; mur défensif ; basse-cour ; ouvrage avancé ; agglomération

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

1ère moitié 13e siècle ; 2e moitié 13e siècle

Description historique

Sur le "pog" de Montégur ont été rélevés des témoignages d'occupation préhistorique (âge du Bronze final, de la Tène III et du Bas-Empire) ainsi que les traces de trois occupations médiévales successives dont un premier château féodal disparu, déjà en ruines au début du 13e siècle. Réédifié en 1204 à la demande de parfaits cathares, il est associé à un village fortifié (castrum). Après la reddition de 1244, le château est reconstruit au cours de la 2e moitié du 13e siècle. Le castrum de Montségur a abrité, à partir de 1232, la haute hiérarchie de l'église cathare. En 1243, Montségur fut assiégé pendant dix mois par une armée de dix mille hommes dirigée par le Sénéchal de Carcassonne et l'Evêque de Narbonne. Après la prise du Roc de la Tour, l'assaillant investit la montagne et prépara le siège qui eut lieu en 1244. Au moment du siège, 500 personnes environ vivaient au sommet du pog. Après la reddition du château par le seigneur du lieu, le 16 mars 1244, 225 parfaits et parfaites périrent sur le bûcher installé dans un champ au pied du château (dit "champ des Cremats"). Cette tragédie marqua la fin du mouvement cathare dans le Midi de la France. En 1968, a été mis en place un important programme de fouilles qui ont porté sur le château lui-même et ses abords, l'agglomération du village, les postes de défense avancés. Cette recherche, libérée du contexte mystique qui entoure le site, a permis d'acquérir deux certitudes : d'une part, en 1244, la population assiégée ne vivait pas dans le château mais dans le castrum (village fortifié) , et d'autre part, l'actuel logis-donjon est postérieur à l'occupation cathare. Il peut être daté de la 2e moitié du 13e siècle, il correspond à une phase Montségur III. Reconstruit probablement par les seigneurs de Lévis, pour abriter une garnison, il rentre alors dans le réseau des fortifications mises en place par l'administration royale pour la défense de la frontière sud du royaume de France (telles Peyrepertuse, Puylaurens, Queribus, Aguilar...). Son édification a nécessité le réaménagement de la plate-forme sommitale où des remblais ont été aménagés avant l'élévation des murailles. Ces mesures ont bouleversé les structures antérieures. On est passé d'un castrum féodal à une forteresse militaire avec un ensemble de bâtiments bien disposés autour d'une cour centrale. Sa construction témoigne d'un grand savoir-faire en matière d'architecture militaire : les archères, à étrier (base triangulaire) ou à "bèche" (type rencontré sur les constructions royales dans le sud de la France), sont datables du 2e tiers du 13e siècle. La défense était complétée par les hourds en bois placés sur le couronnement du donjon et du mur-bouclier qui faisait face à la dépression rocheuse située à l'est du château. Hourds et archères permettaient des tirs superposés, pour mieux protéger la base des murs. On suppose que le château a été par la suite progressivement délaissé après l'union du Comté de Foix à la France. Au 19e siècle, ses murailles ont servi de carrière de pierre : la collecte de pierre de parement a occasionné notamment le délabrement des archères. Pendant la reconstruction du château et l'occupation postérieure du site, l'ancien village cathare a été utilisé comme décharge. Le mobilier exhumé est très difficile à dater à cause de l'enchevêtrement des couches archéologiques du sol. Dans les remblais, au pied des murailles, ont été trouvés des éléments de construction (clouterie, fragments de tuiles, de carreaux de dallage), de la céramique, de nombreuses monnaies, ainsi qu'un très grand nombre de boulets de pierre datant du siège de 1244. Les fouilles réalisées sur les versants nord-ouest et ouest ont permis de dégager l'agglomération médiévale, entourée d'une enceinte, qui se développait autour et en contrebas de l'actuel donjon. Bien que ce fut une occupation temporaire, elle était parfaitement adaptée au relief calcaire, avec ses murs en pierre sèche, ses terrassements utilisant au mieux les barres rocheuses. A l'extérieur de l'enceinte se trouvaient un chemin protégé avec lices, peut-être avec fossé sec, et deux ouvrages de défense avancés (barbacane et poste de guet) qui protégeaient le château et la partie principale du village du reste de la montagne. Des citernes collectrices d'eau pluviale assuraient l'alimentation en eau. La roche a été aplanie pour rendre les sols praticables et tout un réseau de communication a pu être mis en évidence : passages (via, carriera), escaliers de pierre, cheminements (sur remblais, murs de soutènements). Ces ruelles permettaient l'accès aux logis ainsi qu'aux dépendances (magasins, réserves...). Les maisons présentaient une architecture de pierre et de bois : il s'agissait sans doute de logis rudimentaires aux toits recouverts de matériaux périssables. Les documents témoignent d'une activité commerçante. Les vestiges ont démontré que les habitants pratiquaient aussi une activité agro-pastorale.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire ; pierre de taille ; moyen appareil ; moellon ; pierre sèche

Typologie du couvrement

Voûte en berceau brisé

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier dans-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie

Commentaire descriptif de l'édifice

Le "pog" ou pech de Montségur est un relief calcaire culminant à 1207 m, à la fois érigé et massif, curieusement isolé au milieu d'une vallée d'origine glacière. Excepté le versant méridional orienté vers le village actuel de Montségur, tous ses autres versants sont très escarpés. Au sommet du pog, les vestiges de la forteresse présentent, du nord-ouest à l'est, un donjon rectangulaire (20 m X 9 m) auquel est soudée une enceinte oblongue ayant la forme d'un polygone irrégulier (80 m X 25 m environ). Cette courtine se termine à l'est par un "mur-bouclier" dont le crénelage a disparu. Mais les corbeaux extérieurs sont les témoins en place de l'ancien hourdage, construit très en surplomp pour concentrer le tir au-dessus de cette zone fragile. Une passerelle moderne permet d'accéder à la cour intérieure par la porte sud, protégée par un assommoir. On retrouve dans le château les vestiges de sept archères, cinq dans les murs de la salle basse du donjon (mur nord, mur est et mur sud) et deux au sommet du mur-bouclier. Ces archères, destinées au tir à l'arc ou à l'arbalète, comportent une fente droite à ébrasure triangulaire ou étrier, ou une extrémité à "bèche" c'est-à-dire à évasement à la base. Il n'y a pas de trace de fortifications rajoutées sur le contour actuel du château de Montségur : il s'agit d'un ensemble cohérent, homogène, en moyen appareil lisse, qui répond à un seul et même plan de construction. Les vestiges du village s'étagent au pied du château actuel, sur ses versants nord-ouest et nord.

État de conservation (normalisé)

Vestiges ; restauré ; inégal suivant les parties

Protection et label

Date et niveau de protection de l'édifice

1862 : classé MH ; 1989/03/03 : classé MH

Précision sur la protection de l'édifice

Ruines du château : classement par liste de 1862 (cad. A1 851) ; vestiges archéologiques se trouvant sur le Pog de Montségur, constitués par le village au pied du château, les lignes de défense situées sur les versants Nord et Sud, le poste de guet du Roc de la Tour (cad. A 852, 2375, 2425) : classement par arrêté du 3 mars 1989.

Nature de l'acte de protection

Liste ; arrêté

Précisions sur les éléments protégés

Château fort ; village ; ouvrage avancé ; poste d'observation

Typologie de la zone de protection

Abords d'un monument historique ; site inscrit

Intérêt de l'édifice

À signaler ; site archéologique

Eléments remarquables dans l'édifice

Donjon ; courtine

Observations concernant la protection de l'édifice

L'élément le plus remarquable est l'ensemble constitué par le donjon qui surplombe l'à-pic à l'ouest, le tracé polygonal de la courtine et son mur-bouclier oriental.

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune

Conditions d'ouverture au public

Ouvert au public

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2008

Date de rédaction de la notice

2008

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Fournier Claire

Cadre de l'étude

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional Occitanie - Direction de la Culture et du Patrimoine - Service Connaissance et Inventaire des Patrimoines 22, bd Maréchal Juin 31406 Toulouse cedex 9 - Espace Capdeville, 417 Rue Samuel Morse, 34000 Montpellier - 05.61.39.62.47

Vue plongeante, d'est en ouest, depuis le mur-bouclier.
Vue plongeante, d'est en ouest, depuis le mur-bouclier.
(c) Inventaire général Région Occitanie
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