Description historique
Un premier projet de casino municipal voit le jour à Ax-les-Thermes en 1882 à l'initiative de Sophrone Sicre de Breilh, propriétaire de l'établissement thermal du même nom. Il devait être construit entre l’église, au sud, et le ruisseau du Sorgeat, au nord. Ce projet ne vit jamais le jour, notamment car il devait être bâti sur une partie de l'ancien cimetière, rendant impossible tout creusement pendant dix ans au moins.£Un nouveau projet émerge dans les années 1890. En 1894, la commune d’Ax-les-Thermes concède des terrains à Edmond de Wézèle, habitant Londres, pour la construction d’un casino et son exploitation pour une durée de 50 ans. L’emplacement pour la construction du casino évolue et se déplace vers l’ouest, plus près de l’établissement thermal du Couloubret et plus loin de l’église. Les plans sont dressés par G. Vidal et E. Bertrand, architectes parisiens, en 1895. Les travaux n’étant toujours pas véritablement engagés, Edmond de Wézèle est écarté par la commune en 1901.£D’autres projets se succèdent sans aboutir, et c’est finalement en 1903 que le chantier reprend plus activement. Le casino ouvre assez rapidement même si les travaux ne sont pas terminés. Des documents de 1907 précisent que la salle de théâtre est couverte de bâches pendant la saison pour assurer les représentations bien que la toiture ne soit pas encore construite. La salle de jeux semble tout de même terminée et le concessionnaire obtient l’autorisation d’y tenir des tables de baccarat en plus des petits chevaux déjà existants.£En 1908, la mairie confie à Pierre Mouré, architecte toulousain, le projet d’achèvement du casino. Ce dernier dresse la même année un plan du rez-de-chaussée de l’édifice sans que nous sachions s’il s’agit de l’état existant ou d’un projet. Le bâtiment présente alors un plan allongé, bordé au nord et au sud par deux terrasses. Le centre est occupé par un hall ouvert sur les deux terrasses et desservant les deux ailes : à l’ouest un café et des salons de jeux, à l’est le théâtre. L’achèvement de l’édifice est réalisé entre 1908 et 1911 et comprend notamment la fermeture du hall, l’achèvement de la terrasse postérieure et la construction de deux campaniles. Un projet de campaniles utilisant le procédé de béton armé Hennebique avait été projeté dès 1903, mais il n’est pas certain qu’ils aient été réalisés.£En 1925, d’importantes réparations sont réalisées sur la toiture et le plafond du hall (aujourd’hui disparu).£En 1927, la commune concède la location du casino à la Compagnie Immobilière et Foncière France Indochine (CIFFIC) pour une durée de 20 ans à compter du 1er janvier 1928. Le cahier des charges précise, entre autres, que la Compagnie doit procéder à la construction d’un grand hôtel dans les cinq premières années de la concession, et s’engage à édifier une salle de spectacle de près de 1000 places en arrière du casino existant et à transformer l’édifice. La construction de la nouvelle terrasse date probablement aussi de cette période. Plus large que la précédente, elle déborde de l’alignement initial de la façade et entraîne le déplacement de l’escalier de quelques mètres. L’aménagement de cette terrasse permet l’agrandissement de l’étage de soubassement et l’installation de boutiques donnant sur la promenade du Couloubret, au sud, de part et d’autre de l’escalier. Avec la construction de la salle de spectacle sur l’arrière du bâtiment, les espaces intérieurs sont entièrement redistribués. Les salons de jeux sont déplacés de la partie occidentale à la partie orientale, et une salle de café-musique est aménagée à l’ouest. La salle de spectacle comportait alors un balcon et les spectateurs étaient répartis sur deux niveaux.£La partie supérieure des campaniles a été démolie probablement dans les années 1950, jusqu’au niveau du garde-corps actuel. Ils ont été à nouveau couverts à une date inconnue.£L’édifice a connu d’importants travaux de rénovation au début des années 2000. La salle de spectacle a été entièrement repensée et le balcon a disparu. La charpente métallique a été rendue apparente dans les vastes salles du rez-de-chaussée, le hall et la salle de spectacle. Les étages ont été réaménagés. L’ensemble des espaces intérieurs a été repeint.