Emplacement, forme et structure de l'escalier
escalier dans-oeuvre : escalier à double révolution ; escalier en maçonnerie
Commentaire descriptif de l'édifice
Le théâtre occupe l’angle formé par les rues Courtejaire et Voltaire. La façade principale, rue Courtejaire, est presque transparente ; de même, l’angle avec la rue Voltaire avec son pan coupé est largement ouvert sur l’entrée. Ainsi, le passant est invité à apercevoir au-delà de l’élévation les décors de l’entrée et du foyer.Les colonnes monumentales de l’entrée, l’absence totale de décor extérieur, le revêtement de travertin qui capte la lumière naturelle et conduit le regard vers la corniche saillante donnent à l’édifice toute sa verticalité. Seuls la loggia en encorbellement et les balcons du foyer, en légère saillie, donnent une ligne de fuite horizontale parallèle à la rue. Il en va de même dans la salle avec les redents verticaux qui dessinent le cadre de scène et séparent les loges d’avant-scène des balcons horizontaux sans aucun décor. Les garde-corps des loges reprennent même la modénature des balcons qui ouvrent sur la rue.Comme dans la plupart des réalisations de la même époque aucun décor n’est superflu et l’on privilégie la richesse des matériaux plutôt que l’abondance ornementale. Ainsi, une discrète frise de staff court elle tout autour des caissons du plafond de l’entrée. Les murs du grand escalier sont recouverts de plaques de marbres colorés : Skyros oriental, noir veiné espagnol, portor ou encore vert des Alpes. Ils contrastent avec les marches en pierre de taille ou les parties supérieures. Ordre, couleur et géométrie : l'essentiel du vocabulaire Art déco est présent. est largement ouvert sur la rue par trois travées vitrées au rez-de-chaussée comme à l’étage et séparées par des piliers de section rectangulaire, montant de fond, dont les embrasures sont revêtues de marbre brocatelle violette. L’étage s’affirme par la présence de trois balcons convexes à balustres droits en encorbellement sur un rang de cannelures. L’élévation d’angle est traitée avec force et simplicité, entièrement évidée, elle est rythmée par quatre colonnes montant de fond jusqu’à l’étage d’attique, au niveau duquel l’angle est abattu. Trois balcons forment entre les colonnes une bordure tréflée. L’étage d’attique est sobrement éclairé par des oculi disposés au droit des travées inférieures, uPour la structure, l’architecte et l’ingénieur ont utilisé des « cadres porteurs », principe architectonique qui consiste à solidariser les éléments secondaires à une structure principale généralement de plan rectangulaire qui constitue ainsi le squelette du bâtiment. Ainsi, ont-ils conçu la structure du foyer avec plusieurs cadres que l’on devine entre les baies qui ouvrent sur la rue et accroché les hourdis rampants des balcons de la salle à ces éléments porteurs avec des consoles solidaires des cadres. La structure, savamment étudiée pour tenir compte des poussées et des usures des matériaux, fut d’abord construite en ferraille puis noyée dans le béton. Une fois terminé, il a suffit de construire une cloison de séparation entre la salle et le foyer.L’espace au-dessus du plateau, qui abrite plusieurs niveaux, est conçu de la même manière. Plusieurs éléments porteurs monumentaux ont été régulièrement placés dans le prolongement du cadre de scène sur toute la profondeur du plateau et les planchers intermédiaires sont suspendus à la traverse supérieure de chaque cadre qui supporte ainsi la charge des étages qui lui sont attachés. De même une attention spéciale a été portée au système de chauffage, L’air extérieur est purifié de ses poussières en passant par des filtres à bain d’huile, et maintenu à une hygrométrie constante à 60% grâce à des rampes de pulvérisation d’une eau chauffée par deux chaudières qui alimentent les batteries de la centrale. Elles utilisaient à l’époque un combustible peu employé, le fioul, léger, aujourd'hui remplacé par le gaz naturel. Un réseau de gaines en plâtre sur un châssis métallique distribue l'air traité en partie haute de la salle, tandis qu’en partie basse, un autre réseau récupère l’air de la salle pour le conduire à la centrale de traitement d'air. Là, une partie est recyclée, l'autre remplacée par de l'air extérieur. Ce système sophistiqué reste invisible. Seuls les éléments de staff soigneusement sculptés au-dessus des loges de l’avant-scène permettent de soupçonner la présence du système de climatisation.L’éclairage fut aussi soigneusement étudié. Partout dans la salle comme au foyer, on a privilégié un éclairage indirect diffusé par des appliques décoratives en forme de vasques en métal ou de conques en céramique. Dans la salle, l’éclairage d’origine a été modernisé, ce qui a fait disparaître la coupole lumineuse qui ornait son plafond, mais sur le plateau, le jeu d’orgue et le rhéostat qui permettait de régler l’éclairage ont été conservés.