Commentaire descriptif de l'édifice
Située au cour du village d'Inières, la maison étudiée ici se trouve à proximité immédiate de l'église, au sud-est de celle-ci. Elle occupe la parcelle 176 du cadastre actuel. Le cadastre napoléonien ne révèle pas une situation ancienne bien différente que celle que connaît la maison aujourd'hui, sinon qu'elle est maintenant mitoyenne, à l'ouest, d'une maison qui lui est semblable par ses caractéristiques architecturales. L'étude de cette dernière a montré qu'une aile lui avait été ajoutée, comblant l'espace qui la séparait de la maison étudiée ici. L'ancien prieuré d'Inières est un édifice de plan rectangulaire, mais qui se rapproche par ses proportions du plan massé. L'édifice est bâti dans une maçonnerie de moellons moyens de calcaire jaune, de grès rouge dans les parties basses des élévations, disposés en assises régulières. Les ouvertures sont toutes de grès rouge. Des cinq ouvertures de l'élévation sud, la porte à l'est est la seule récente. Au centre de l'élévation, l'on reconnaît une demi-croisée, agrandie aujourd'hui. Une fenêtre rectangulaire partagée par un croisillon ouvre l'étage, à l'ouest ; deux jours ainsi qu'une fenêtre en partie obstruée, couverte d'un arc en accolade, ouvrent le comble. Le mur pignon semble révéler le remaniement principal de l'édifice, consistant en l'agrandissement de celui-ci vers l'est. Ainsi, la porte en grès du rez-de-chaussée, à l'encadrement chanfreiné, le jour orné du même profil de moulure qui la surmonte, enfin la demi-croisée, au centre, semblent avoir été remployés ici tant ils s'intègrent mal à la maçonnerie. Les fenêtres au sud et la fenêtre ouvrant le comble semblent récentes. L'élévation sud est largement ouverte, par quatre jours au niveau des caves et trois fenêtres au niveau de l'étage. Entièrement enduite, elle ne permet pas une appréciation chronologique. L'ensemble est couvert d'un toit à longs pans. Le niveau des caves est plus révélateur pour appréhender le phasage de l'édifice. En effet, le mur de refend est paraît être l'ancien mur extérieur de l'édifice. Si la porte à l'encadrement chanfreiné est parfaitement semblable aux trois autres, celle vers l'extérieur et celles des caves sud, ce sont surtout les jours bouchés, apparaissant dans ce mur de refend, dans la cave sud, qui induisent cet interprétation. Tout du moins pouvons-nous penser à un plan en L à l'origine, faisant seulement abstraction de la cave sud-est. Dans la cave ouest, un jour subsiste d'une ancienne ouverture plus large, probablement une descente de cave, à moins que la convexité de la maçonnerie ne corresponde à un ancien aménagement mobilier, de type silo ou "tinel". Une disposition non identifiée a été conservée, il s'agit d'un espace ménagé dans l'épaisseur du mur sud, contre l'angle ouest. Enfin, une troisième cave, accessible par une porte depuis la cave sud-est, est ouverte au sud de deux jours. Selon l'épaisseur de la porte qui y conduit et le mur de refend qui semble adossé, à l'est, contre la maçonnerie de la cave sud-est, cette cave paraît postérieure aux deux caves en enfilade, d'orientation est-ouest. Ces trois caves ont un sol de terre battue, elles sont couvertes de voûtes en berceau plein-cintre. Par leur cohérence, elles semblent correspondre à un état du prieuré à un moment donné, pourtant, l'on serait tenté de voir un état antérieur, dont le plan correspondrait au plan allongé, formé par l'alignement est-ouest des deux caves sud, le long de la rue de l'église. L'étage est distribué en trois pièces principales, parmi lesquelles la plus à l'est est agrémentée d'une cheminée. Engagée contre le mur de refend ouest, celle-ci se compose de piédroits aux moulures prismatiques reposant sur des bases aux mêmes profils de moulure. Le linteau y prend appui par l'intermédiaire d'un arc segmentaire. Formé de trois dalles de grès, dont celle du centre porte les armes de Jacques de Pardinel (voir historique). La pièce est couverte d'un plafond à la française aux poutres moulurées. Dans la pièce rectangulaire contiguë, à l'ouest, l'on trouve une autre cheminée, partageant le conduit de la première. De dimensions plus réduites, elles présentent des similitudes, avec celle de la pièce est. Si le manteau est principalement en calcaire, ce sont encore des dalles de grès qui en forment le linteau, et celle du centre porte des armoiries, dont ne reste que l'ornement du blason, constitué pour l'essentiel de cordelettes. Ici cependant, les dalles de grès ne constituent pas la totalité du linteau, les bords sont en calcaire, laissant penser que les dalles de grès proviennent d'un remaniement de la cheminée, peut-être contemporain de la cheminée est. Les piédroits en forme de colonnettes reposant sur des bases à la forme plus cubique que celles de la cheminée précédente, tendent également à nous faire voir ici une antériorité de la cheminée est. La petite pièce qui suit, en enfilade, à l'ouest, est ouverte par deux fenêtres. La pièce nord-ouest enfin, présente des aménagements plus importants. Une cheminée, adossée contre le mur ouest, comporte dans l'épaisseur de son tableau nord un four. Une banquette et une niche la complète au nord, tandis qu'au sud, se trouve une structure particulière. Il s'agit d'un petit espace ménagé sous une sorte de voûtain et agrémenté d'une niche, ce qui, dans un prieuré, pourrait bien correspondre à un oratoire. Enfin, l'espace nord-est, constitué de deux petites pièces ne semblent pas avoir d'autre fonction que celles de relier les autres pièces et de les distribuer. L'intérêt qu'il présente aujourd'hui est de poser encore une fois la question d'un plan primitif en L. Si deux jours ouvrent cet espace au nord, c'est bien une fenêtre qui semble avoir été bouchée dans le mur de refend sud, mur qui sépare cet espace de la grande salle est.