Gare
Gare de Trouville-Deauville
Gare de Trouville-Deauville
Normandie ; Calvados (14) ; Deauville ; avenue de la République
Anciennement région de : Basse-Normandie
Deauville
Trouville-sur-Mer
République (avenue de la)
1984 AK 177, 383 à 385
En ville
Voie ferrée ; quai ; boutique ; place
2e quart 20e siècle
1931
Daté par source
Attribution par travaux historiques ; attribution par source ; signature
En 1909, la municipalité de Deauville sollicite le réseau des chemins de fer de l'Etat afin d'entreprendre l'agrandissement de la gare de Trouville-Deauville érigée sous le Second Empire, devenue trop petite pour accueillir des usagers de plus en plus nombreux. La réalisation d'un premier projet, élaboré en 1911, se heurte à des difficultés financières, Trouville refusant d'apporter sa contribution. En 1913, l'administration ferroviaire propose un plan de financement, ajourné par la Première Guerre mondiale. Au lendemain de l'Armistice, les négociations reprennent, portant cette fois sur la construction d'une nouvelle gare. Deux projets sont successivement proposés, l'un en 1920 par l'architecte Julien Polti, l'autre en 1922 par l'architecte J. Laynaud (?). Jugeant ce dernier trop coûteux (7.400.000 francs) , l'administration des chemins de fer de l'Etat le rejette en 1923. Ce n'est qu'en 1930 qu'un accord est trouvé entre les trois partenaires (financement de l'opération au tiers) , autour du projet de l'architecte Jean Philippot, qui achevait au même moment la réfection de la gare de Vanves-Malakoff. Les plans et devis, approuvés par le ministre des travaux publics le 12 janvier 1931, comprenaient la construction d'un bâtiment principal et de deux bâtiments annexes destinés l'un au service des messageries, l'autre aux bureaux et autres locaux, l'aménagement d'une cour des voyageurs, de six voies principales desservant trois quais à voyageurs de 300 mètres et d'un faisceau de cinq voies pour le nettoyage des rames des voyageurs. Le chantier, confié à l'entreprise rouennaise Chard, commence en novembre et s'achève six mois plus tard. La gare de Trouville-Deauville est inaugurée le 26 juillet 1931. Le projet n'a cependant été que partiellement réalisé : la nouvelle gare avait été construite en retrait de l'ancienne, afin de dégager une vaste place au nord-ouest fermée par un ensemble de boutiques alignées le long de l'avenue de la République. La construction des boutiques a été abandonnée et la place aménagée en aire de stationnement pour les voitures automobiles. En 1932, un projet, non réalisé, est déposé par l'architecte-voyer Léopold Mias pour aménager aux abords de la gare des jardins plantés de pommiers. Au cours du 20e siècle, les intérieurs sont remaniés : la salle des bagages, la salle d'attente des 1ère et 2ème classes et la bibliothèque sont supprimées.
Béton ; brique ; enduit ; faux pan de bois
Tuile plate
Plan symétrique en U
En rez-de-chaussée
Élévation ordonnancée
Toit à longs pans ; pignon couvert
Située le long de l'avenue de la République, la gare de Trouville-Deauville est organisée selon un plan en U. Le corps central, comprenant le hall des voyageurs et les locaux administratifs, est encadré par deux ailes en retour d'équerre, celle de l'ouest réservée à la messagerie, celle de l'est aux logements de fonction. Le gros-oeuvre, en béton, est masqué par un parement en brique dans les parties basses, un faux pan de bois en ciment moulé et peint dans les parties hautes. L'entre colombage est en ciment enduit. Les murs, hauts de 3, 50 mètres, supportent une imposante toiture à longs pans (14 mètres sous faîtage) , animée par des lucarnes rampantes et couverte en tuile plate de Bavent. Elle est ornée de deux girouettes en tôle découpée, celle de l'ouest figurant un navire, celle de l'est une locomotive tractant des wagons (endommagée par une violente tempête, elle a été récemment déposée). L'élévation principale nord-ouest, animée par les décrochements de façade, est rehaussée par trois pignons ornés des blasons des villes de Deauville et de Trouville et d'une horloge. La façade sud-est reprend le même type de composition. Un abri pour les voyageurs y est aménagé sous le débordement du toit. Les quais sont revêtus d'un pavage en damier en grès de Beugin (Pas-de-Calais) rouge et jaune. Les abris sont composés de charpentes couvertes en tuile plate, soutenues par des piliers en béton. La gare est représentative de l'architecture régionaliste de style normand des années 1930. Elle associe des matériaux modernes (béton) et traditionnels (brique, tuile plate de Bavent) et conjugue harmonieusement simplicité des lignes et des volumes issus de l'architecture moderne et références empruntées à l'architecture traditionnelle de l'arrière-pays (pan de bois, lucarnes rampantes). Contrairement aux autres gares, aucun élément extérieur n'indique sa fonction, hormis la girouette et l'horloge. Le vaste hall des voyageurs, qui se déploie sous une charpente apparente en béton soutenue par des voûtes en berceau est à rapprocher de la salle des pas perdus de l'hippodrome de Clairefontaine édifiée en 1928 par les architectes Jean Papet et André Raimbert. Les parties hautes des murs latéraux du hall des voyageurs sont ornés du "Plan de Trouville et Deauville" et de la "Carte de la Normandie", oeuvres peintes sur toile marouflée exécutées par Louis Houpin en 1932.
Régionaliste,style normand
Bon état ; remanié
2010/07/05 : inscrit MH
À signaler
Élévation ; élévation intérieure ; pavement ; charpente ; girouette
Propriété publique
1998
© Région Basse-Normandie - Inventaire général
2004
Tournoux Marie-Noël ; Hébert Didier
Dossier individuel
Région Basse-Normandie - Direction de l'Inventaire général du patrimoine culturel Abbaye aux Dames - Place Reine Mathilde BP 523 - 14035 Caen Cedex - 02.31.06.97.33