Description historique
Le premier casino de Deauville, construit en 1864, ferme ses portes en 1889 (cf. notice : IA14003139). Propriété de la Caisse de Deauville, il est vendu en 1893 à Edmond Blanc qui le fait détruire deux ans plus tard pour y construire un lotissement. En 1907, la municipalité accorde à Trouville le monopole des jeux contre le versement d'un tiers de ses recettes. En 1910, le maire de Deauville, Désiré Le Hoc, désireux de relancer la station en sommeil depuis la chute du Second Empire, projette la construction d'un casino à Deauville. Il met un terme au contrat sur les jeux qui liait Deauville à Trouville et fait appel à Eugène Cornuché, homme d'affaires, propriétaire du Maxim's à Paris, gestionnaire du Casino-Salon à Trouville, en litige avec la municipalité de Trouville sur la gestion des jeux. Dressé en 1910, le cahier des charges relatif à la construction du nouvel établissement de jeux impose la somme de deux millions de francs pour les travaux, dont 350 000 destinés à la décoration intérieure et à l'achat du mobilier. En 1911, Eugène Cornuché fonde la Société anonyme du Casino de Deauville et confie à l'architecte parisien Georges Wybo, assisté des architectes Charles Rabussier et Leclerc, le soin de dresser les plans du futur établissement. La même année, Jean-Claude-Nicolas Forestier, conservateur du Bois de Boulogne et directeur des jardins de la ville de Paris, dresse les plans d'un vaste jardin d'agrément, exécuté par le jardinier Loizeau sur la portion de lais de mer située en face du futur casino, louée à la société par la municipalité. La construction du casino commence en juin 1911, sous la direction de Perrin, après que le Grand Hôtel du Casino ait été détruit. L'entreprise rouennaise A. Chouard réalise la maçonnerie, les planchers, les terrasses, les ossatures intérieures et les escaliers en béton armé système Hennebique. Les sculpteurs et décorateurs Wast & Brobecker et Jédoudez fils exécutent les groupes sculptés ornant l'étage-attique. Le peintre Fernand Truffaut réalise le rideau d'avant-scène du théâtre représentant l'ancienne salle des Ambassadeurs à Paris. Les magasins du Printemps et Van den Haker fournissent le mobilier et les tapis (Echo de Deauville du 26.5.12). Achevé en 1912, le casino est inauguré le 11 juillet, en même temps que le Normandy Hôtel. En 1913, Wybo projette de modifier l'élévation sud-est en prévoyant un avancement de la façade, l'aménagement de deux boutiques de chaque côté de l'entrée principale et l'adjonction d'un avant-corps en encorbellement permettant le passage des voitures et la descente à couvert. Le projet est partiellement réalisé : la façade est avancée seulement de 6 travées au lieu des 14 initialement prévues, la réalisation des groupes sculptés devant orner l'étage-attique et la construction des boutiques sont abandonnées. Ce n'est que dans les années 1970, que les boutiques latérales sont édifiées. En 1928, Georges Wybo conçoit un nouveau décor pour le Café de la Boule, orné d'un triptyque peint par André Lagrange, spécialiste des décors de casino. C'est probablement à cette époque que le cinéma remplace le grill-room. En 1951, l'architecte Georges Madeline est chargé de reprendre en sous-oeuvre la façade sur mer permettant l'aménagement d'une galerie transversale reliant les deux restaurants logés dans chacune des rotondes. D'importantes modifications sont réalisées entre 1991 et 1993 : transfert de l'entrée principale sous la terrasse, agrandissement de l'ancienne entrée par une verrière cantonnée de colonnes. A la même période, l'architecte d'intérieur parisien Jacques Garcia réorganise les espaces intérieurs : il orne certaines salles d'un nouveau décor et remplace le mobilier. Il intervient également en 1999 pour le décor des salles de jeux et des axes de circulation.