Description historique
La décision de construire un hôpital militaire de 400 lits, à Dijon, fut prise en 1935 par le Ministère de la Défense : le 19 février 1936, la ville lui céda, pour un franc symbolique, une parcelle de 10, 97 ha sur la colline de Montmuzard. L'humidité du terrain, dit "sur le grand étang", avait fait craindre que des travaux d'assainissement soient nécessaires, mais l'expertise rassurante du laboratoire de recherche bactériologique du Service de Santé avait mis fin aux hésitations. La réalisation du projet fut confiée à l'architecte parisien Georges Tourry. La pose de la première pierre eut lieu le 9 juillet 1937 et les travaux commencèrent en décembre. Les travaux, interrompus en juin 1940, furent achevés deux ans plus tard par la Wehrmacht qui, à partir du mois d'août 1942, y hospitalisa ses blessés et les prisonniers malades. L'établissement se composait alors de deux vastes bâtiments (services généraux, hospitalisation) et d'un pavillon destiné aux contagieux. Divers bâtiments et aménagements complétèrent le dispositif au fil des années : notamment une chapelle (1966) , un bâtiment pour le traitement des eaux (1962) , une hélistation (1979) et, en 1956, le terrain avait été entièrement planté d'arbres de diverses essences. En septembre 1944, l'établissement devint "l'hôpital d'évacuation lourd 413" : il assura cette mission jusqu'en février 1945. Désormais placé sous l'autorité de la VIIIe Région militaire, l'établissement devint polyvalent : aux services de médecine et de chirurgie (bientôt scindée en chirurgie viscérale et chirurgie orthopédique) s'ajoutèrent des services spécialisés (O.R.L., ophtalmologie, stomatologie, dermatologie, pneumo-phtisiologie, psychiatrie). Le bâtiment des contagieux, désaffecté, hébergea un centre de formation pour les infirmières militaires. En 1951, l'hôpital, affecté aux 64e et 65e divisions militaires, prit le nom de Hyacinthe Vincent (biologiste du Service de santé) , décédé en 1950. En 1966, à la suite de la suppression de la VIIIe Région militaire, l'hôpital fut rattaché à la VIe Région militaire. Le 1er janvier 1980, il fut classé Hôpital régional des Armées puis, le 1er janvier 1986, devint Centre hospitalier des Armées. Conséquence de la réduction des effectifs et de la fermeture des casernes de Dijon, puis de la dissolution du 27e régiment d'infanterie, l'établissement fut fermé en 1998 et démoli en 2008.