Description historique
L'importante chute d'eau de l'étang est utilisée par des moulins, probablement depuis le Moyen Age. Installée à l'emplacement de la muraille médiévale de la ville, une filature de lin est projetée par Le Clerc en 1840. Puis une fabrique de papier est installée par Ravoux à la place de ces moulins en 1866. Mais de multiples démêlés auront lieu jusqu'en 1880 avec l'administration municipale au sujet de l'utilisation de l'eau. . En 1904, l'usine est modernisée, avec l'installation d'une machine à vapeur construite par C. Laboulais à Angers (49) et Lebrun et Cormerais à Nantes (44), de 2 sécheurs et 3 lessiveurs construits également par Laboulais.. En 1920, Louis Bourgain déclare avoir installé à la papeterie une machine à vapeur construite par P. Villette de Lille (59), achetée à Laurent et Wienne à Lille.. L'imprimerie des éditions de Montsouris s'installe sur le site de cette papeterie en 1922. Il est vraisemblable que le bâtiment édifié alors a été conçu par Auguste Courcoux, architecte d'origine briochine installé à Paris. Cette installation est le résultat d'une aventure industrielle commencée en 1880, lorsque Albert de Penanster, sénateur des Côtes-du-Nord rachète à Paris ""Le petit journal de la mode"", qui devient "" Le petit écho de la mode"". C'est un succès puisqu'en 1900 il tire à 300 000 exemplaires. L'imprimerie créée à Paris en 1900, près du parc Montsouris (d'où le nom éditions de Montsouris) devient trop petite et pour s'agrandir, le fils du fondateur décédé en 1902, Charles-Albert de Penanster, conseiller général des Côtes-du-Nord, décide de transférer son usine à Châtelaudren. On fait appel à un spécialiste, Louis Brossard, directeur d'imprimerie en Touraine, pour prendre en main la nouvelle unité de production.. On y imprime ""Le petit écho de la mode"", hebdomadaire féminin et en particulier ses patrons de mode en papier de soie prédécoupés, qui font la réputation du journal. On y imprimera également des périodiques pour la jeunesse créés par le Petit Echo comme le journal ""Pierrot"" pour les garçons et ""Lisette"" pour les filles. . En 1926, l'entreprise augmente sa puissance. Un conduit d'amenée d'eau est établi, avec un tuyau extérieur que l'on voit encore. L'usine possède alors trois turbines, deux de 80 ch. consommant 1 600 litres seconde et une de 33 ch. consommant 800 litres seconde. En 1931, une crue crée d'importants dégâts au bâtiment et on doit consolider ses fondations.. En 1928, apparaît un nouveau magazine, ""Rustica"", qui amène une forte croissance de l'entreprise, qui passe de 20 emplois en 1925 à plus de 200 dans les années 1930. . Début 1939, Louis Brossard meurt accidentellement dans un incendie. Ce sont ses enfants, Jeanne et Emmanuel, qui lui succèdent à la tête de l'entreprise. Jeanne fera deux mandats d'élue municipale, devenant même adjointe au maire de Châtelaudren.. En 1960, le journal change de titre et devient ""l'Echo de la Mode"". Le tirage établit alors un record, avec 1,6 millions d'exemplaires par semaine. Mais ce succès marque le début du déclin pour l'imprimerie de Châtelaudren. Les éditions de Montsouris installent à Paris une nouvelle usine modèle d'impression en offset, inaugurée en mai 1957. Cela limite les investissements à Châtelaudren, qui devient vieillissante.. En 1962, l'ingénieur Pierre Mercier remplace Jeanne Brossard. Il conçoit des machines afin d'améliorer le rendement, notamment pour la pliage.. Dans les années 1970, la chute se précipite. Les publications sont mises en vente, des licenciements ont lieu au siège parisien. Les patrons-modèles sont vendus à la société du Hénin, filiale du groupe Hachette. En 1976, l'effectif passe de 200 à 187 personnes. En 1977, ""l'Echo de la Mode"" est mis en vente. Il est acheté par ""Femmes d'aujourd'hui"" et les deux titres cohabiteront à la une du magazine jusqu'en mai 1984. . La ville rachète alors le bâtiment pour 900 000 francs. . En septembre 1983, le tribunal de Guingamp prononce la liquidation des biens de l'entreprise. Elle est reprise par ""Sygma Prim"" jusqu'à une nouvelle liquidation, définitive, en 1989. Le site est actuellement occupé par des espaces culturels, des bureaux et des logements. Un espace d'expositions temporaires y présente divers aspects de son histoire.. En 1880, la papeterie occupe 50 personnes, 58 en 1883 (24 hommes, 28 femmes et 6 filles), 44 en 1886 (1 contremaître, 1 surveillant, 15 ouvriers, 2 manoeuvres et charretiers, 20 femmes et 5 enfants), 40 en 1891 (1contremaître, 24 ouvriers, 1 manoeuvre et charretier, 13 femmes et 1 enfant). Il y a 150 employés en 1978, 120 en 1981, 90 en 1983.. Présence sur le site de machines de production étudiées (appareil photographique, meubles professionnels, machines à imprimer, machines à découper, machine à plier, machine à conditionner), ainsi que des machines pour la production d'électricité.