Description historique
L'ancien phare : en 1831, dans sa Lettre-programme, Léonor Fresnel (1790-1869), succédant à son frère, Augustin, à la Commission des phares, reconnaît l'urgente nécessité de construire un fanal à feu fixe sur l'Ile-aux-Moines et sur la plateau des Héaux de Bréhat, afin que les deux fanaux fussent mis en activité dés le 1er septembre, époque des retours des expéditions de Terre-Neuve. L'adjudication du phare des Sept-Îles, situé au point culminant de l'Île aux Moines, fut obtenue en 1833. Le 1er mai 1835 : un feu à éclat long blanc toutes les 3 minutes éclaire le plateau des Sept-Îles. La lanterne est posée sur une tour cylindrique de 11 m de hauteur, construite entre 1832 et 1835. Il ne s'agit donc pas d'une tour de l'ancien monastère occupé au 15ème siècle en ces lieux. En 1844, un roufle en bois est construit autour de la tour pour abriter les gardiens.Le 10 septembre 1854 : un feu fixe blanc varié par des éclats longs blancs toutes les 3 minutes sur une nouvelle tour carrée de 15 m de hauteur, est accolée à la tour cylindrique de 1835, cependant, le phare s'avèra encore trop court pour une portée à hauteur totale du feu d'atterrage de 59, 20 mètres. Le projet est approuvé par décision ministérielle du 9 mai 1853 au sieur Trouspez pour un total de 21 980 francs. Dans l'enceinte de la tour sont installés le magasin aux huiles et deux chambres pour les gardiens. Cependant, les exigences légitimes de la défense de l'île ont été jusqu'en 1878 une gêne pour les constructions nécessaires à l'éclairage. En 1883-84, il est projeté d'électrifier le phare et de construire un 2ème feu sur l'île Rouzic (projet sans suites).En 1893, le feu est désormais gardé par une famille et de nouveaux logements sont construits après la destruction du roufle en bois : travaux autorisés par la décision du 2 mai 1893. Un passage vitré joignit l'habitation de la tour et le nouveau logement annexe. Ce passage fut remplacé en 1927 par un autre passage en béton armé. Les dépendances du sud-est furent aussi construites cette année 1893. Les dépendances du nord ne furent réalisées qu'en 1901, à usage de buanderie et de bergerie. La cale débarcadère fut construite en 1897 ainsi que le chemin d'accès au phare par lequel une bande de 4 mètres de large fut concédée en jouissance temporaire sans redevance par le Département de la Guerre au Service des phares et balises. Par la suite le chemin ainsi que le phare et ses dépendances, une parcelle de terrain attenant à l'ancienne caserne furent cédées aux Ponts et Chaussées par le Ministère de la Guerre, lors du déclassement de l'île. En 1901, la toiture en zinc du phare primitif fut refaite et le toiture en ardoises de fibro-ciment clouées du logement des gardiens fut réparée. En 1941, également, la toiture des annexes fut enlevée par la tempête ainsi que la charpente. Le 3 mai 1904 : un feu lenticulaire plus puissant, 3 éclats blancs toutes les 5 secondes, est établi. La ventilation de la lanterne fut améliorée en 1908 par l'installation de 5 ventouses et par une nouvelle boule. Le phare subit des dégâts assez importants lors de l'incendie de 1928 : la lanterne fut fendue. Les 13 prismes cassés de l'optique furent aussi remplacées en 1931. En 1938, la foudre tomba sur le phare. Un radio-phare fut installé en 1938, poste radio-maritime changé en 1942 avant que la marine allemande ne prenne possession du phare (AD 22 S Supl. 613).Le phare est détruit le 4 août 1944 par les troupes allemandes. Il est reconstruit entre 1949 et 1952 sur un plan de l'architecte malouin Auffret en collaboration avec les ingénieurs de la DDE, H. Condemine et G. Grattesat. Le 28 juin 1952, le feu est rétabli avec les mêmes caractéristiques. Le phare actuel des Sept-Îles sur l´île aux Moines est un phare reconstruit après guerre entre 1949 et 1952 par l´ingénieur André le Braz de Lézardrieux, d´après le plan de l´ingénieur Auffret. En avril 1957 des aérogénérateurs sont mis en place ; c'est ce système qui fonctionne encore aujourd'hui.Il faut encore préciser que l'environnement du phare est propriété du Conservatoire du littoral, qui en a confié la gestion à la commune de Perros-Guirec.