Description historique
"Les progrès de l'hydrographie au cours du 19ème siècle, grâce en particulier aux travaux de Beautemps-Beaupré (1766-1854), vont permettre d'une part d'établir précisément des feux sur la côte en alignement (avec le principe de triangulation) et d'autre part des tourelles sur les roches dangereuses en mer. Des mouillages vont pouvoir être proposés scientifiquement grâce à l'établissement de sondes en 1837 et d'une cartographie fiable sur la côte trégorroise (Givry). Le maire de Perros-Guirec réclamait déjà en 1810 au préfet maritime de Brestde faire poser des balises à Roc'-Hue et à la Roche-Bernard. Le bateau "Grandville" a pensé se perdre dernièrement sur le Roc'h-Hue. En 1821, des balises réclamées par Perros étaient déposées à Tréguier : Il est d'autant plus urgent de faire procéder à leur placement que trois bâtiments se sont perdus à la vue de Perros, malheur que l'on doit attribuer à l'absence de balises indicatrices des rochers imperceptibles et des écueils.Il fallut néanmoins attendre l'année 1837 pour que le plan des entrées de "Perros et du Port-Blanc" soit levé et édité quelques années plus tard dans le Pilote français. Le feu amer antérieur du Colombier fut édifié, sous la direction des ingénieurs Dujardin et Pelaud du service des phares, pour signaler la passe orientale de la rade de Perros-Guirec, donnant accès au port.Le feu amer antérieur du Colombier signale la passe orientale de la rade de Perros-Guirec, donnant accès au port.Le phare du Colombier, situé au-dessus de l'ancien colombier de Perros-Guirec, fut construit en 1859-60 par l'entreprise Prigent et allumé le 1er août 1860 : feu fixe blanc en pignon de la maison du gardien, la lumière passant par un oeil de boeuf. Le feu est électrifié en 1937. Ses caractéristiques sont aujourd'hui : feu directionnel blanc à 4 occultations toutes les 12 secondes. Il donne la passe de l'est au 224° avec l'alignement de Kerprigent sur la balise de Lost-ar-C'hraou. Depuis l'électrification, le centre de la lampe a été légèrement déplacé. Madame Le Bris fut pendant 45 ans comme son collègue Menguy du phare de Ploumanac'h, au service des Ponts-et-Chaussées, jusqu'en 1931. Avant de venir au Colombier, Mme Le Bris était en poste pendant 9 ans au phare de Kerprigent. Antérieurement à l'électrification, le gardien du phare du Colombier avait la charge du ravitaillement en combustible des autres phares côtiers depuis Beg-Léguer jusqu'aux phares de la presqu'île de Pleubian. Ce ravitaillement avait lieu tous les trois mois, même en temps de guerre, alors que les troupes allemandes faisaient éteindre les feux, selon leurs besoins. La guerre de 1939-45 devait épargner les maisons phares du littoral trégorrois, et le 20 novembre 1945, les feux d'alignement du Colombier et de Kerprigent étaient remis en marche."