Description historique
"L'appellation Côte de Granite Rose selon les témoignages oraux, prendrait naissance à Ploumanac'h, par le travers du "Laeres " (la Voleuse), au lieu dit "Ballaren " ou "Balaren Vihan", "la Petite poêle", petite crique de galets à l'ouest de la Herés ou Laeres (la Voleuse), pour se terminer à Gavros (la "Grève Rose") en Trégastel (extrait du rapport du SMVM de la Côte de Granit Rose, J.P. Pinot, 1993). La commune de Perros-Guirec comporte une grande variété de paysages, qui font son attrait touristique. Le littoral nord comporte plusieurs unités géomorphologiques, d'ouest en est :- le port de Ploumanac'h et son goulet d'entrée- la plage de Ploumanac'h, dite de Saint-Guirec- les roches au nord de Ploumanac'h- la côte rocheuse du Sentier des Douaniers, entre le Squével et la plage de Trestraou- la plage de Trestraou- les rochers du Sphinx- la plage de Trestrignel- la Pointe du Château.Le Parc municipal de Ploumanac'h, déclaré d'utilité publique en 1925, fut inscrit à l'Inventaire des Sites le 6 avril 1945. Il est le résultat d'un combat collectif, initié dés le début du 20ème siècle par des personnalités du monde artistique et culturel, comme Charles Le Goffic, délégué de la Société des Paysages de France, auprès du Syndicat artistique de protection des sites pittoresques de Ploumanac'h (créée en 1901). C'est sous l'impulsion de Henri Grosperrin, "militant écologiste avant l'heure, que fut réalisé en 1907 le premier sentier douanier de la Côte de Granite Rose, avec le concours et le soutien de la municipalité de Perros-Guirec. Le sauvetage de la vallée des Traouiëro et des espaces côtiers du Parc municipal, représentait au début du 20ème siècle, une opération unique et pilote en France : 7 ha 5 d'espace public protégé, dont la 1ère parcelle (D 533), fut également classée en 1912. Certains autres sites bénéficient également de protection : le 11 juillet 1912, une portion de terrain proche de Pors Rolland est classée, l'anse Saint-Guirec et le massif de Crech-ar-Cham sont inscrits le 8 avril 1937, le 9 octobre 1940, la lande de Ranolien est inscrite. En 1925, la création d' un parc municipal à Ploumanac' h est déclarée d' utilité publique, la totalité des expropriations est achevée en 1931 autour du rocher Le Squewel. Il est finalement inscrit le 6 avril 1945. En 1940, une zone non-aedificanti est décidée dans un périmètre de 200 mètres autour du phare. Le centre de l' écart, source de pittoresque pour Perros-Guirec, est peu modifié. Le Plan d' aménagement d' extension et d' embellissement (PAEE) de 1933 précise d' ailleurs que le village ne doit pas être transformé. Afin de faire face à l' afflux de touristes, la chapelle est agrandie en 1938 par l' architecte James BouilléL'ensemble du site constitué de chaos granitiques, de landes côtières et de pelouses est aujourd'hui la propriété du Conservatoire du Littoral. Le site littoral de Ploumanac'h a été doté d'aménagements légers, réalisés avec la pierre du pays, le granite de la Clarté, les murets littoraux ont été reconstitués.Le travail d'interprétation de la toponymie maritime et littorale en cours est l'oeuvre de Pierrette Ollivier, grâce au témoignage de Pierre Le Gaouyat et de Marcel Briand. Les travaux de cette enquête ont été recoupés avec ceux de Alain Le Berre et de Abel Omnes (CNRS, 1973).Ce travail d'inventaire de la toponymie permet de mieux saisir le phénomène d'appropriation à la fois pratique et symbolique de ce territoire terrestre et maritime (faisant partie du foncier maritime), par ceux qui habitent de façon permanente la côte et qui ont su tirer partie de ses ressources halieutiques. La nomination d'un lieu et sa description de façon différentielle et précise le fait exister, lui donnant une fonction de repère mémoriel des limites. L'approche esthétique d'un paysage, est dans ces conditions doublée, rattrapée par une approche plus ethnologique, où le projet social n'est pas exclu. Ces monuments naturels, qui ont failli être exploités de façon sauvage par la pression immobilière au début du 20ème siècle, ont été protégés par la loi, mais ont rarement retenu l'attention sur les usages dont ils étaient l'objets, usages rattachés des histoires qui les ont faits nommer et identifier, de façon sélective (rochers liés aux histoires des marins-pêcheurs et goémoniers de Ploumanac'h)."