Description historique
L'île Maudez a été le berceau de la légende de saint Maudez, qui aborda d'abord le petit havre de Port-Béni en Pleubian, au 6ème siècle, où il bâtit un premier ermitage, au lieu dit 'Kermoda'. Après un bref séjour dans la paroisse de Pleubihan, il traversa le territoire actuel pour se fixer à Lanmodez avec ses disciples, dont Botmaël et Tudi. A 100 mètres de l'église de Lanmodez, on trouve une croix voisine d'une ferme, qui porte l'une comme l'autre le nom de 'Kervenec' (résidence des moines). Saint Maudez se retira ensuite à Bonne Nouvelle (chaise de St-Maudez encore visible) et ensuite à l'Île Maudez, qui porte son nom. Cette île se peupla de religieux pour lesquels il fallut construire plusieurs logettes ou cellules et un oratoire. Au cours des invasions normandes du 9ème et du 10ème siècle, le minihy ou refuge de saint Maudez fut profané. En 878, le corps du saint abbé fut transporté à Bourges et rendu ensuite à l'abbaye de Saint-Riom puis à Beauport, en 1202. La paroisse de Plouézec conserve actuellement le chef de saint Maudez. Dans le courant du 12ème siècle, l'Île Saint-Maudez et son monastère furent donnés à l'abbaye de Bégard, de l'ordre de Citeaux, fondée en 1130 au diocèse de Tréguier. Elle en devint un petit prieuré et le resta jusqu'à la Révolution, sous le nom de 'Prieuré de Saint-Maudez de l'Isle, sanctus Maudetus de Insula'.Couffon cite dans son 'Répertoire des églises et chapelles', p. 199, une bulle du pape Calixe III du 9 avril 1456, adressée à Vincent de Kerleau, abbé de Bégard, dans laquelle le pape concède des indulgences en faveur de l'église du prieuré de l'île Saint-Maudez et de l'hôpital y attenant ; l'île y est alors nommée 'Guel Enez' (île Sauvage').Des bâtiments conventuels furent aussi édifiés vers le 12ème siècle, avec un cimetière, par les moines bénédictins installés sur l'Île Maudez. Des bâtiments annexes servaient de métairie. L'île était entièrement cultivée et de bon rapport. Elle fut affermée pour la mise en culture de ses terres au moins depuis le 16ème siècle. Elle eut de nombreux propriétaires après la Révolution. Des travaux continus liés à l'entretien et aux réparations des édifices de l'île furent réalisés entre le 13ème et le début du 18ème siècle : l'église, la chapelle Saint-Michel, la chaire de saint Maudez, la métairie et les habitations. En 1823, l'île fut vendue, suite au décès de Pierre Le Chevanton. Tout le mobilier fut cédé ainsi que 3 vaches, 2 génisses, 1 taureau, 1 veau, 1 jument, 1 pouliche, 1 cochon. Cependant, elle fut affermée par la suite à des cultivateurs de Lanmodez, qui continuèrent à cultiver et à entretenir l'île. Il est remarquable que des religieux prirent aussi le relais de la gestion de l'île, en tant que propriétaire.L'île est aujourd'hui la propriété de la famille Lescault, qui entretient l'île avec soin et en a fait une résidence secondaire, en transformant l'ensemble des bâtiments à des fins domestiques (prieuré, ancienne église priorale), en dehors de l'oratoire et de la chapelle moderne.De nombreuses vestiges archéologiques ont été repérés sur l'île (menhir, pierres sculptées), dont l'étude approfondie reste à faire.La grande pêcherie, située sur la côte Nord-Ouest de l'île est datable au moins du 15ème siècle. Elle fut réutilisée au 20ème siècle comme parc à ormeaux par des cultivateurs de Lanmodez.Une légende raconte que la terre de saint Maudez guérit des vers et préserve des serpents. Selon la tradition orale, saint Maudez, lorsqu'il débarqua dans l'île, chassa les bêtes vermineuses qui l'infestaient, en renversant l'île. Il y a peu de temps encore, les cultivateurs de Lanmodez venaient prendre de la terre de Maudez pour mettre dans leur cour de ferme. On rapporte aussi que les batraciens s'échappaient des charrettes de foin avant d'arriver à l'Île Maudez. Saint Maudez représente le saint le plus fêté en Bretagne.