Description historique
"La seigneurie du Rumain (Trolong du Rumain) constitue une fraction de la seigneurie de Trolong dont le manoir se trouve également à Hengoat (cf. dossier manoir de Trolong Braz). Les terres du Rumain sont ainsi annexées à la seigneurie du Trolong laquelle se trouve elle-même dans la mouvance d'autres seigneuries supérieures (Guimgamp, Chef du Pont, Botloy-Lézardrieux). Jean de Trolong, seigneur du Rumain, est cité dans un aveu de 1583. Les vestiges du manoir d'origine datent de la fin du 15e siècle comme en témoignent les cheminées, certaines baies et le colombier. La grande métairie du Rumain, située à quelques mètres à l'est du manoir, est citée dans les actes au tout début du 17e siècle, reconstruite dans la seconde moitié du 19e siècle. Pendant la Révolution, Pierre-Joseph-Marie de Trolong du Rumain émigre. L'ensemble des ses biens est mis sous séquestre le 13 janvier 1794. Quelques mois après sa mort, en août 1796, le manoir est vendu comme bien national à un dénommé R. Huette, secrétaire général du département des Côtes du Nord, demeurant à Saint-Brieuc (cf. annexe).Le manoir est probablement revendu au début du 19e siècle : en 1836, Yves Le Cozanet, cultivateur, est mentionné dans les états de section comme propriétaire du Rumain. C'est vraisemblablement lui qui, à la fin des années 1830 ou au début des années 1840 (après le cadastre de 1835), fait détruire la partie est du logis seigneurial pour construire le nouveau logis contre la partie ouest conservée. Cette dernière sert désormais de dépendance à la nouvelle habitation, elle abrite l'ancienne cuisine et arrière-cuisine du manoir ainsi que deux chambres superposées avec garde-robe et latrines (?). Dans la salle à manger du logis de 1840 construite à l'emplacement de la salle seigneuriale, la cheminée monumentale de la fin du 15e siècle trouve sa place. Le blason de la famille Trolong du Rumain est sculpté sur son linteau : "écartelé aux 1 et 4 d'argent à 5 tourteaux de sable posés en sautoir ; aux 2 et 3 d'azur au château d'argent". L'escalier en vis dans oeuvre placé au nord entre la cuisine et la salle est détruit et le système de distribution revu, remplacé par un petit escalier secondaire en bois. La cour en demi-lune figurée sur le cadastre ancien est agrandi après 1835 ainsi que la dépendance en retour d'équerre. Elle intègre désormais le colombier qui est préservé comme symbole et preuve de l'ancienneté de la seigneurie. A l'est, l'avenue plantée d'arbres s'élargit au niveau de la métairie et débouche sur l'ancienne avant-cour, sorte de cour verte qui servait de pâture en 1835. Au début du 20e siècle, la partie subsistante du manoir subit de nouveaux dommages : l'étage de comble est supprimé. De nouvelles dépendances agricoles sont édifiées en alignement du logis, au nord de la basse-cour dont les piliers d'entrée moulurés semblent provenir de l'ancien portail de la cour seigneuriale, remplacés par des piliers en granit et un portail en fer forgé."