Commentaire descriptif de l'édifice
Le château d'Arfeuille est implanté à environ 2 km à l'est de la ville de Felletin, à 674 m d'altitude, sur un plateau boisé offrant des vues étendues vers l'ouest, au-delà de la vallée de la Creuse. Le château proprement dit est composé de trois principaux corps de bâtiment : un corps de logis central orienté nord-est/sud-ouest, accompagné par une forte tour circulaire sur son angle nord ; un vaste donjon rectangulaire partant de l'extrémité sud-est du corps central et formant retour vers le sud-ouest ; un bâtiment allongé formant également retour à partir du nord-ouest du bâtiment central. Un grand espace, formant cour et jardin régulier, s'étend au devant de ces bâtiments ; il est fermé au sud-ouest par un muret de clôture surmonté de grilles avec portail central à 2 piles. En retour vers l'est, 2 grands bâtiments autrefois constitués de grange-étable, garage, logement au nord et de grange-étable, remise, écurie au sud, limitent l'espace de part et d'autre du jardin régulier ; le bâtiment nord est accompagné à ses abords par quelques dépendances domestiques (four à pain, puits) ; le bâtiment sud est prolongé par une clôture basse séparant le jardin régulier d'un grand jardin potager. La façade postérieure nord-est du château est précédée d'une terrasse rectangulaire, bordée par un mur de soutènement et communiquant par un escalier central de 10 degrés avec un jardin paysager en reconstitution et développé vers le nord-est. D'autres dépendances sont réparties en dehors de l'enceinte rapprochée du château, à savoir, au sud-est, un ancien colombier transformé en chapelle privée, et aux abords sud-ouest, l'ancienne ferme du domaine. Le donjon, partie la plus ancienne du château, est une construction en granite de 17 m sur 7 hors oeuvre ; la mise en oeuvre est en blocage de moellons, enduit, avec chaînages d'angle et encadrement de baies en pierres apparentes de moyen appareil ; le bâtiment compte 2 hauts étages carrés sur rez-de-chaussée, un mur de refend partageant chaque niveau en 2 pièces inégales ; le tout est distribué par un escalier en vis dont la tour est placée en hors-oeuvre sur le flanc nord-ouest du donjon, et sur laquelle a été partiellement appliquée le corps de logis central. Au rez-de-chaussée, la petite pièce arrière est en contrebas de plus d'un mètre par rapport à la grande pièce aujourd'hui ouverte sur le jardin ; voûtée en petits moellons à moins de 3 m de hauteur, elle communique avec la pièce avant par 5 marches en pierre et une porte en arc brisé ; la tradition donne à cette pièce une fonction de chapelle, en témoigne un bénitier en pierre, resté en place à l'entrée latérale en venant de l'escalier ; la grande pièce est couverte par un haut plafond à solives reposant sur 3 sommiers portés par des consoles en pierre ; cette pièce et celles des étages sont éclairées par des fenêtres à profond ébrasement intérieur garni par des coussièges à retour. Sur ce donjon, les transformations des 18e et 19e siècles se constatent aux modifications de quelques ouvertures et surtout aux reprises des parties hautes (suppression des mâchicoulis et réfection de la charpente et de la toiture juste au-dessus des linteaux couvrant les corbeaux) ; cette charpente à 4 fermes, probablement du début du 19e siècle, suit un schéma classique : chaque ferme comporte un entrait de plancher et 2 arbalétriers assemblés de part et d'autre de la tête renflée du poinçon ; celui-ci est retenu par un entrait retroussé relié également aux arbalétriers par une contrefiche ; 2 aisseliers maintiennent la liaison entrait retroussé-arbalétriers. Le corps de logis central, plaqué contre la tour d'escalier du donjon et la partie nord-est de celui-ci, ne compte qu'un étage carré sur rez-de-chaussée, 1 étage de cave et 1 étage de comble ; sauf à cet étage de comble, il comporte à chaque niveau une pièce centrale communicante avec la pièce de la tour d'angle, et des petites pièces ajoutées contre la tour d'escalier du donjon, qui assure la distribution d'un étage à l'autre, ou contre la tour d'angle ; au sous-sol, on distingue encore nettement dans la chemise de la tour, vers le nord et vers l'ouest, 2 orifices de bouches à feu, aujourd'hui obturées ; dans le mur sud-ouest de la grande cave, est aménagée une ouverture de puits. En dehors de 2 grandes fenêtres du 16e siècle, les élévations extérieures sont plutôt marquées par les aménagements des 18e et 19e siècles ; travées d'ouvertures assez larges et aménagement de lucarnes dans le toit ; en façade sud-ouest, au rez-de-chaussée, entre les emmarchements des perrons on retrouve une ouverture extérieure du puits mentionné dans la cave. Le bâtiment du 18e, en retour sud-ouest est partiellement double en profondeur, par adjonction de 2 constructions sur sa façade postérieure. Le rez-de-chaussée de la partie ancienne comporte 3 pièces en enfilade et une cage d'escalier rectangulaire. L'étage carré est surmonté d'un étage de comble. La façade sud est bien éclairée par 6 travées régulières d'ouvertures ; les façades postérieures, au nord-ouest, plus élevées du fait d'une dénivellation de terrain, laissent bien apparaître quelques témoins de la construction du 18e siècle ainsi que les collages des ajouts 19e. Entre ce bâtiment et la tour d'angle du corps central, se trouve inséré un petit corps de bâtiment limité à une pièce, peut-être construit sur les fossés comblés de la tour et intégrant divers éléments de récupération (guérite en encorbellement). Le colombier remanié intérieurement pour aménager une chapelle a conservé extérieurement son volume initial ; l'ouverture en hauteur de 2 fenêtres cintrées annonce déjà un changement de fonction ; changement que confirme l'avant-corps correspondant à la nef, plaqué contre le colombier, comportant une porte centrale entre 2 niches, un fronton à niche, un petit clocher trapu, et une fenêtre cintrée dans chaque mur gouttereau. La grande ferme du domaine, située à proximité nord-ouest du château, comporte un logis (ou 2 logements contigus ?) en rez-de-chaussée avec un étage de soubassement sur le côté ouest, un four à pain partiellement conservé et une porcherie, ainsi que 2 granges étables, l'une de type limousin, l'autre de type auvergnat. La grange étable limousine (bergerie selon le cadastre de 1817) avait une charpente à cruck, comme en témoigne une ferme sur 3, et selon un rare schéma ancien déjà constaté sur le plateau de Millevaches (à la Sauvette d'Aix ou aux Murs d'Eygurande). A proximité de la grange auvergnate, en cours de modification, se trouvent un puits à margelle et 2 anciennes pêcheries (cadastre actuel, parcelles 32 et 34).