Description historique
Située en aval de Besançon mais sans influence sur la défense de la place, l'écluse de Velotte n'entraîne aucune observation particulière du Génie militaire. Les plans dressés en 1822 (par Joseph Liard lui-même ?) prévoient un barrage d'1, 40 m de chute, avec pertuis pour le flottage des bois, et une écluse à sas pour la navigation. Les moellons doivent être pris dans une carrière voisine (2006 IN 199) , sur la rive droite, et les pierres de taille dans les carrières de la citadelle. Les travaux sont adjugés le 16 août 1824 à Claude-Guillaume Boin, de Limonest (Rhône) , auteur du grand pont de Dole. Ils débutent en 1825 et sont achevés en 1827. L'adoption de la loi Freycinet impose un allongement des écluses à 38, 50 m de longueur utile et l'obtention d'un tirant d'eau minimum de 2 m sur les buscs. L'ingénieur des Ponts et Chaussées Paul Schoendoerffer rend son projet le 28 septembre 1883 : abaissement du radier aval, du busc et du radier amont pour obtenir le tirant d'eau prescrit, réfection partielle du parement en aval du mur de chute. Les pierres sont à prendre dans les carrières de la Malate (pierres cassées) , de l'Abbaye-Damparis ou Dole (carrières Javelle, Violet ou Lagé) dans le Jura (pierres de taille) , d'Aveney (moellons épincés et libages) et de la Malcombe (moellons smillés). Validés par la décision ministérielle du 14 février 1884, les travaux sont réalisés en 1887 par l'entrepreneur Claude Gaucher, de Lichères-sur-Yonne (?). Le niveau a toutefois été fixé en tenant compte de la présence de hausses mobiles sur le barrage aval si bien que lorsque ces hausses sont enlevées, l'usine de Gouille étant partiellement démolie, l'abaissement du plan d'eau oblige à abaisser le radier de l'écluse : certaines péniches touchent le fond du sas et doivent être partiellement déchargées pour en sortir. La première partie des travaux est effectuée en 1900, la seconde - plus délicate et demandant une longue période de mise en chômage - est différée. Plusieurs projets sont rédigés : le dernier, de l'ingénieur Blaise, est exécuté par l'entrepreneur Emile Marron en 1911. C'est le même entrepreneur qui avait en 1906, suivant des plans du conducteur Tournier, rehaussé la maison et construit à côté un bâtiment à usage de magasin (pour les cordes, agrès, etc.) , écurie et fenil (actuel atelier des électriciens de Voies navigables de France). La manoeuvre de l'écluse est électrifiée en 1964-1965, sous la direction de l'ingénieur Lanchy, par la SARL Ateliers Dagot, d'Arc-lès-Gray (Haute-Saône) , puis est automatisée en 1992.