Description historique
Le lycée Edgar Faure s'inscrit dans la filiation d'une première école municipale d'horlogerie, attestée de 1836 à 1850, et de l'école-atelier qui lui succède en 1947 (2 place de l'Eglise). La création d'un centre d'apprentissage de 320 élèves (120 en horlogerie, 100 en petite mécanique, 100 en commerce), intégré dans un groupe scolaire, est envisagée au milieu des années 1950. Les études ont lieu de 1957 à 1960, la construction de 1960 à 1963. Les bâtiments sont l'oeuvre de Jean Papet (1889-1965), architecte des Bâtiments civils et Palais nationaux (établi au 63 rue de Rome à Paris). Associé à un architecte local, Pierre-Marie Gaiffe (72 Grande Rue, à Besançon), Papet rédige pour le centre d'apprentissage (qui devient collège d'enseignement technique en 1960) un premier projet puis un second en 1960, suite à la suppression de l'internat des garçons finalement disposé dans les combles de l'externat (où deux dortoirs totaliseront 13 boxes de 8 lits). Le programme comprend l'externat (sur cinq niveaux dont un demi sous-sol accueillant l'atelier d'ajustage, partiellement insonorisé par sa position enterrée) au nord, l'internat filles au sud, les services communs entre les deux. Le groupe ouvre ses portes le 1er octobre 1963 et ses effectifs vont rapidement atteindre 400 élèves, dont 150 internes garçons et 50 filles. En son sein, le CET compte 90 élèves à la rentrée 1963, 175 en 1968. Il devient LEP (lycée d'enseignement professionnel) en 1977 puis LP (lycée professionnel) en 1987, date d'ouverture du lycée polyvalent Edgar Faure. Ce dernier est né d'une révision de la carte scolaire, nécessitée par l'évolution des effectifs, qui conduit à la décision de créer une cité scolaire composée de deux unités autonomes : d'une part un collège, d'autre part un lycée associant le LEP et un lycée d'enseignement général (soit 948 élèves, répartis pour moitié entre la filière technique et la filière générale). L'étude de faisabilité confiée à l'architecte Claude Brandon, de Sochaux (2 rue de la Poste), préconise la construction de l'autre côté de l'avenue Charles de Gaulle d'un nouvel externat pour le lycée, la transformation de l'ancien en internat commun aux lycéens et aux collégiens, et la création d'un espace de restauration pour le lycée (le collège conservant le sien). Le concours d'architecte valide, le 3 septembre 1985, la proposition des Bisontins Jacques J. Tournier, né en 1934 (établi au 38 rue Mégevand), et François Turina (5 rue d'Alsace). Le maître d'ouvrage est le District du canton de Morteau, propriétaire des terrains, le Conseil régional apportant 88 % du financement (pour sa part, le Conseil général intervient sur le collège). Le nouveau site est construit de novembre 1986 à avril 1989 par le Groupe 1000 (S.A. créée en 1986 et regroupant 35 entreprises soit environ 1000 personnes), attributaire du marché le 23 octobre 1986, et l'entreprise locale de maçonnerie et travaux publics Ruggeri, fondée en 1952. Les deux sites sont reliés en 1987 par un tunnel passant sous l'avenue. Partiellement ouvert à la rentrée 1988 (externat et demi-pension), l'établissement est inauguré le 28 janvier 1989. Des équipements communs au collège sont réalisés : en 1987 une chaufferie au bois, l'année suivante un gymnase. Le rôle du lycée est renforcé en 1988 lorsque disparaît la section horlogère de l'ancienne Ecole d'Horlogerie de Besançon et que sa section bijouterie est transférée à Morteau où, en 1990, ouvre une formation unique en France : un Bac professionnel (en deux ans) des métiers d'art option horlogerie. Les locaux sont modifiés au cours des décennies 1990 et 2000. Sur le site d'origine, le bâtiment de l'internat filles est affecté à partir de 1990 au Groupement d'Etablissements du Haut-Doubs (Greta) ; une nouvelle chaufferie automatique au bois remplace en 1997 la précédente à la suite d'un incendie durant l'hiver 1996 ; l'internat (ancien externat réhabilité de 1898 à 1991) est totalement rénové en 2005. Sur le site récent, la toiture du bâtiment dédié aux laboratoires techniques et aux ateliers de bijouterie est rehaussée en 1997-1998, afin d'aménager des salles de cours dans le comble (architecte J. Tournier) ; le pôle horlogerie est réaménagé en 1999-2000 et le pôle bijouterie restructuré en 2005-2006. L'établissement comptait en 1991 1093 élèves (encadrées par 171 personnes dont 105 professeurs), il en totalise environ 2000 en 1998. En 2011, il accueille 1517 personnes : 184 à l'encadrement (dont 132 professeurs), 1267 élèves et 61 apprentis. Il est orné de trois oeuvres réalisées dans le cadre de la procédure du 1 % et due à Georges Oudot en 1964, Henri Comby et Paul Gonez en 1987.