Description historique
Signalé comme habitation et fabrique d'horlogerie, le bâtiment est construit dans la première moitié du 20e siècle (dans les années 1920-1930, avant 1937), peut-être pour Roger Fontainemelon. Il abrite au début des années 1950 les Ets Verrolux, de Villers-le-Lac, dirigés par Henri Matile (d'origine suisse) et spécialisés dans les verres de montre. Cette entreprise devient le 1er novembre 1953 Anciens Etablissements Verrolux (au capital de 2,1 millions F) : Bluette Mercier, épouse de Matile, fait l'apport du "fonds de commerce de fabrication et pose de verres de montres" de Verrolux tandis que divers associés, dont Jean Beltran, apportent "une somme en espèce". La gestion est alors confiée à Robert Trendel, ingénieur d'Usines Bellevue, fabrique de ressorts d'horlogerie de Sarrebourg (Moselle). Il est remplacé le 15 mai 1954 par René Mercier alors que la société change d'appellation et devient Etablissements Verlux (avec le même capital). Cette Sarl abandonne la fabrication des verres pour les sociétés horlogères locales au profit du marché de la réparation (via les horlogers-rhabilleurs), élargissant par la suite ses activités au négoce du petit outillage d'horlogerie. Elle est classée en 1965 dans la catégorie de 11 à 19 salariés. Au décès de Mercier (à la fin de 1968 ou au tout début de 1969), Jean Maillardet prend la direction de la société, dont il devient gérant (non associé) du 8 janvier 1969 jusqu'à sa retraite en 1982. En 1969, l'entreprise s'associe avec la société Münchmeyer-Sternkreuz, de Verden (Basse-Saxe, Allemagne). Ce rapprochement a été initié par Jean Beltran, actionnaire majoritaire et représentant multicarte de Verlux (il est aussi le représentant d'Usines Bellevue). Münchmeyer-Sternkreuz est alors le premier fabricant de verres en Europe : cette affaire a été fondée en 1931 par Heinrich Münchmeyer et Walter Krippendorff pour produire des verres de montre, en matière plastique (celluloïd puis plexiglas) puis minérale (à partir de 1978). Verlux peut ainsi fournir à sa clientèle des verres minéraux (en provenance d'Allemagne) et des verres en plastique (produits à Morteau par moulage afin d'obtenir une qualité supérieure à celle des verres injectés). En 1972, la Sarl Verlux (au capital de 35 000 F) exploite les marques Verlux et Verlux la Transparence du Cristal. Elle compte 15 personnes en 1982. En mai de cette année-là, Wolfgang Krippendorff, propriétaire de Münchmeyer-Sternkreuz (seul actionnaire de Verlux qui deviendra sa filiale), est nommé directeur de l'entreprise puis, à son départ en retraite, il est remplacé par Monique Saillard. La société emploie huit personnes en 1998 (elles étaient 10 en 1988) et réalise un chiffre d'affaires de 4,7 millions F (dont 40 % à l'export). Elle vend plus d'un million de verres par an, dans toute l'Europe, et dispose d'un stock de plus de 10 000 verres (de 10 à 300 mm de diamètre et 0,7 à 3,5 mm d'épaisseur). En 2001, elle quitte les lieux pour l'ancienne usine Cattin, au 8 avenue Charles de Gaulle, où elle sera gérée par Mme Saillard (du 1er janvier 2002 jusqu'à son départ en retraite en mars 2013, alors que la Sarl des Ets Verlux est classée dans la catégorie de 3 à 5 salariés). Après le départ de Verlux, le bâtiment de la rue de la Louhière n'a plus abrité d'activité productive.