Commentaire concernant la datation
daté par source ; daté par travaux historiques ; daté par source ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques
Description historique
L'usine est bâtie en 1896 pour le Suisse Jacques Klaus (1825-1909). Etabli confiseur au Locle (rue du Temple) en 1856, ce dernier y a construit en 1884 une petite fabrique (rue Bournot). Il industrialise rapidement sa production dans une usine située dans la rue portant actuellement son nom. Le développement de la branche Chocolat le conduit à ouvrir deux nouvelles unités : celle de Morteau en 1896 (pour contourner les droits d’importation élevés instaurés en 1892 par la loi Méline) et la deuxième au Locle en 1907 (une troisième sera créée à Paris avant 1923). L’usine de Morteau est composée de trois corps de bâtiments (deux vastes ateliers encadrant un corps plus étroit), éclairés par des verrières, et d’une maison d’habitation, édifiée vers 1893 par l'entrepreneur Jacques Billard et presque aussitôt acquise par Klaus. Devenue Société anonyme des Fabriques de Chocolat et Confiserie J. Klaus en 1899, l’entreprise emploie au total, en France et en Suisse, 500 personnes en 1909 à la mort de son fondateur. A Morteau, les cadres et une partie des ouvriers sont Suisses et protestants, ce qui a conduit la société à leur faire construire en 1904 un temple à proximité. Un nouveau bâtiment (abritant notamment une machine à vapeur) y est édifié au nord durant la première décennie du 20e siècle, ouvert de larges baies en arc segmentaire et coiffé d’un toit terrasse (remplacé par la suite par un toit à croupes). Une statistique mentionne 200 personnes travaillant dans cette usine en 1912, 160 (70 hommes et 90 femmes) en 1930 (une autre statistique en mentionne 135 à cette date, dont 18 Suisses, deux Italiens et un Belge). Si en 1959 la fabrique du Locle compte 200 ouvriers en moyenne (la fabrication est saisonnière) pour le marché suisse et l’exportation, celle de Morteau en a une centaine (80 en 1961 ?) travaillant pour la France et ses colonies (elle est renommée pour ses chocolats et ses caramels notamment). Restée fidèle à son réseau de distribution de proximité (boulangeries, confiseries, chocolateries, etc.), l'entreprise est en difficulté à la fin du 20e siècle du fait de l’essor de la grande distribution. L’usine du Locle ferme en 1992 (elle a été démolie et remplacée par l’École technique du Centre interrégional de Formation des Montagnes neuchâteloises). La société est reprise en 1999 par Philippe Leroux, qui développe de nouvelles recettes, fabrique à partir de 2002 sous les marques de la grande distribution, se lance sur le marché du commerce équitable en 2005 et crée un réseau de magasins d’usine l’année suivante. À la suite de problèmes financiers dus à la hausse du cours du cacao, elle doit licencier 13 de ses 63 salariés en 2010 avant d’être placée en redressement judiciaire l'année suivante. En 2012, elle est acquise par Hubert Decreuse, à la tête d’une entreprise de charcuterie fondée en 1965 à Pontarlier et transférée à La Cluse-et-Mijoux en 1997. H. Decreuse, qui avait auparavant déjà repris la Biscuiterie des Sapins Vuez Frères à Mouthe, fonde la Société nouvelle Klaus, Sarl au capital de 40 000 €, et redémarre la fabrication avec 24 salariés. La partie ancienne du site est endommagée par un incendie le 4 septembre 2014.