Description historique
La ferme est bâtie en 1807, date portée sur un linteau avec les initiales CIP, désignant vraisemblablement Claude Ignace Prêtre - ou Prêtre-Robert - (1745-1826), maire de la commune. La propriété (ferme cadastrée B 63, jardin B 62 et terre B 64) passe à son fils Xavier (1774-1854) puis vers 1858 à Charles Aimable Dromard, vers 1863 à Théodule (Augustin Théodule) Prêtre (1819-1872) et fin 1876 à la commune. En effet, dans la délibération du 10 janvier 1877, le maire expose "que l'association fromagère de la commune de Narbief est obligée chaque année de louer tantôt à un endroit tantôt dans un autre un local pour l'installation de la fromagerie. Qu'actuellement cette fromagerie est établie dans une petite maison située au village de Narbief et qui convient parfaitement à cette destination." La maison étant mise en vente, la municipalité l'achète le 2 décembre 1876 et la loue aux fromagers qui se succèdent. Bâtiment et matériel sont modernisés en 1926, afin de produire aussi de l'emmental. La salle de fabrication et la chambre à lait sont reprises et des caves aménagées sous le bâtiment. Les travaux étudiés par l'architecte Jean Martignoni, de Morteau, sont adjugés le 17 mai 1926 à l'entrepreneur Pierre Martignoni, son frère, établi dans la même ville. La réception a lieu le 12 février suivant. Le matériel est fourni par J. Chalon, de Nantua (Ain) : un "groupe foyer mobile avec chaudières fixes de 1 200, 800 et 250 litres", une table et deux presses à fromage, deux transporteurs à fromage, un monte-charge, "un appareil « Mars »", un moteur électrique, une écrémeuse Alfa-Laval modèle AV5 débit 2 000 l et une pompe rotative débit 2 200 l, une baratte normande, etc. Travaux et acquisitions se poursuivent les années suivantes : création en 1929 (suite à la rectification de la route) d'un quai à l'entrée du bâtiment par l'entrepreneur Alix Claude, des Fins ; construction en août 1930 par Joseph Perrot, du Russey, de deux chambres supplémentaires à l'étage (le logement n'en comptait alors que deux) ; achat cette année-là d'un pèse-lait automatique des Ets Ed. Meyer, constructeur à Besançon (magasin et ateliers au 47 rue de Belfort). En 1929, la fromagerie transformait en emmental 400 000 l de lait, apportés par les cultivateurs de la commune et par ceux du Bizot. Ces cultivateurs créent la coopérative de fromagerie de Narbief-Le Bizot en 1938, lorsqu'ils passent en gestion directe et embauchent un fromager. L'affinage est confié à l'Union coopérative fromagère de Franche-Comté (UCFFC), créée cette même année à Besançon (elle se fera construire en 1948 des locaux dédiés mais disparaîtra en 1983). Une nouvelle porcherie étant bâtie en 1966 à l'extérieur du village (qui fermera vers 1980), son local est converti en garage pour le camion de ramassage du lait. Comptant une vingtaine de sociétaires au début des années 1990, la coopérative collecte alors 1 800 000 l de lait, puis 3 000 000 l après avoir été rejointe par les agriculteurs du Barboux. Elle est équipée d'un pèse-lait, de trois cuves de 10 pains (4 000 à 4 200 l), de 15 à 18 presses Thiébaud. Les fromages stockés dans ses caves (300 places) sont affinés par la maison Marcel Petite (Granges-Narboz et fort Saint-Antoine) pour le compte de l'Union des Coopératives agricoles des Fruitières traditionnelles (UCAFT), fondée en 1980. La génératrice est changée vers 1993 (d'où la construction d'un petit bâtiment) et une boutique créée vers 1999. En 2014, la production journalière moyenne est de 40 fromages (elle peut atteindre 60 à 65 en période de pointe) et l'équipement associe deux cuves de 6 000 l (installées en 2006) et des presses automatiques Chalon-Mégard (Nantua, Ain). Pour pouvoir se développer, la coopérative fait construire sur la route du Bélieu (15 rue de la Fruitière) une nouvelle fromagerie, dans laquelle elle emménage le 15 mars 2016. Le bâtiment est alors désaffecté.