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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineprésentation de la commune de Chamaret
présentation de la commune de Chamaret

Référence de la notice
IA26000115
Nom de la base
Patrimoine architectural (Mérimée)
Producteur
Inventaire
Date de création de la notice
19 juin 2006
Date de dernière modification de la notice
21 septembre 2020
Rédacteur de la notice
Jourdan Geneviève
Mentions légales
© Inventaire général du patrimoine culturel, Région Rhône-Alpes
Désignation de l'édifice
Titre courant
présentation de la commune de Chamaret
Producteur
Inventaire
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
Auvergne-Rhône-Alpes ; Drôme (26) ; Chamaret
Précision sur la localisation
Anciennement région de : Rhône-Alpes
Aire d'étude pour le domaine de l'Inventaire
Grignan
Historique de l'édifice
Description historique
La Préhistoire n'a pas laissé de site important sur le territoire communal, mais de nombreux outils du Néolithique ont été ramassés aux Puys et au Clos de Serrière, puis du Calcholithique sur le plateau des Everrunes, où l'existence d'un oppidum de pierres sèches semble attestée ; un autre oppidum de l'âge du Fer se serait installé sur le plateau des Puys. L'occupation de ces sites perdure pendant l'Antiquité (découverte de sépultures et de monnaies romaines sous la Tour, aux Puys). L'époque romaine, présente aussi aux Evabres et à Fioc, est surtout marquée par une riche villa et des thermes au quartier des Chamblas, site encore occupé aux 5e-6e siècles. Une nécropole paléochrétienne est attestée au quartier de Saint-Martin de Corbelas, où était situés la chapelle Saint-Martin et l'ancien cimetière ; il ne reste aucun vestige des trois chapelles successives édifiées sur ce lieu, la dernière était en mauvais état en 1746 et le cimetière abandonné en 1826. La première mention écrite de Chamaret date de 1107, en la personne de Dodon de Chamaret, coseigneur de Valréas. A cette époque, le fief était sous la domination temporelle et ecclesiatique de l'évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, haut seigneur de Chamaret. En 1118, Dodon de Chamaret est qualifié de seigneur de Chamaret, et partage cette seigneurie avec l'évêque, son suzerain. Ils édifient un ensemble castral, cité en 1157. La famille de Chamaret et l'évêque resteront coseigneurs pendant deux siècles. Le bourg était déjà bien développé en 1254, lors du partage des biens entre les héritiers de Dodon II et d'Amalric de Chamaret, parmi lesquels Guillaume et Raymond, fils de Dodon, qui, l'année suivante, en vendent la plus grosse partie aux Adhémar de Grignan, et le reste à l'évêque de Saint-Paul entre 1270 et 1292. L'autre branche des Chamaret, représentée à cette époque par Raymond Loup, vend sa part à l'évêque, avant de tomber en quenouille. Au 14e siècle, la seigneurie se trouve divisée entre l'évêque et une famille Faure, vassale des Adhémar de Grignan, et pendant toute la seconde moitié du siècle des conflits éclatent, opposant ces deux puissants seigneurs ; aussi, l'évêque se met-il sous la protection du roi de France par un traité de pariage, en septembre1408. Mais il perd peu à peu ses droits et ses biens au cours du 15e siècle, son château de Chamaret est dit "ruiné" en 1468 ; à l'aube du 16e siècle, Gaucher Adhémar de Grignan est seul seigneur de Chamaret. La seigneurie reste attachée à la baronnie, puis au comté de Grignan, jusqu'à la Révolution. Pendant les guerres de Religion, les Huguenots s'emparent plusieurs fois de la Tour, l'église est saccagée en 1561 et la place est assiégée en 1589. En 1696, une partie du château s'écroule, emportant la chapelle castrale ; les habitant construisent alors une nouvelle chapelle à proximité du village. Le séisme de 1772 ébranle également le château. Du point de vue économique, le territoire n'offre guère que la pierre du plateau du Rouvergue, qui a été utilisée très tôt, dès le Ier siècle avant notre ère. Les carrières de "pierre de Chamaret" ont été exploitées pour la construction de la fin du Moyen-âge au moins jusqu'à la fin du 19e siècle ; les carriers composaient une partie de la population. Le calcaire servait aussi à la production de chaux grasse : plusieurs fours à chaux subsistent (à Bompard, aux Everrunes, à Eymieu, dont un four double) , certains ont fonctionné jusqu'au début du 20e siècle. En dehors de ces métiers, la population était essentiellement agricole et vivait de polyculture (céréales, légumes, vigne) et d'élevage, mais, il n'y avait pas de moulin à farine sous l'Ancien Régime ; l'élevage du ver à soie offrait un compément de ressource et alimentait, au début du 18e siècle, le moulinage Barthélemy, dont l'activité a cessé en 1752. Sous la Révolution, Chamaret prend le nom de Chamaret-le-Maigre, ce qui témoigne bien de la pauvreté du territoire ; en 1793, les "paluds" communaux, marécages asséchés, sont partagés entre les habitants qui y plantent des légumes et surtout des haricots : la première récolte est à l'origine de la "fête des haricots", fête populaire toujours vivante et célébrée le 24 août. Chamaret eut à souffrir de la terreur blanche en 1800, mais le 19e siècle est pour la commune une période de prospérité : l'exploitation de la pierre atteint son apogée en se développant industriellement (carrières de Louis Boissonnier, sous l'appellation de "Rochetaillée", de Louis Favre de 1863 à 1878, puis de la SGCM). De même, à l'instar des communes environnantes, l'activité de la soie est relancée avec des proportions industrielles : créée en 1822 par M. Bérenger, maire, l'usine de soie de Fontjeugne, qui s'est agrandie jusqu'en 1895, comprenait moulinage et filature. Non loin était installé un moulin à farine, et, en 1845, Lazare Martin établissait une mégisserie tannerie. Cette prospérité est perceptible dans l'évolution démographique : la population qui était de 420 habitants en 1790 et de 355 en 1800, monte à 635 en 1866 et reste à peu près stable jusqu'à la fin du 19e siècle. En 1881, la municipalité crée un nouveau cimetière qui est agrandi en 1912. La ligne de tramway Taulignan-Grignan-Chamaret est mise en service dans la commune en 1907 et fonctionnera jusqu'en 1927. La plupart des activités industrielles ont cessé avec la 1ère guerre mondiale, et l'agriculture a décliné peu à peu comme partout. La commune compte cependant une exploitation industrielle de cultures céréalières, des maraîchers, plusieurs viticulteurs, une chaudronnerie-tuyauterie et des artisans du bâtiment. Une station d'épuration a été récemment installée aux Evabres.