Description historique
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le Port de Carantec est intégré au Mur de l’Atlantique. Des ouvrages de campagne précèdent les ouvrages bétonnés comme le montrent les plans de minage. Le port et la pointe de La Croix étaient défendus par des clôtures barbelés et par deux champs de mines antipersonnel comprenant au total 761 engins. Le premier, en arc de cercle, défendait l’ensemble fortifié du côté de la terre (Elorn I/133 A-F) ; le second, était situé à l’emplacement de l’actuel parking de la Grève Blanche et interdisait l’accès à la terre depuis la mer et la cale (Elorn I/133 A). Toute la zone littorale au sud-ouest de Carantec, se prolongeant sur la commune voisine de Henvic, était pourvue d’un vaste champ de mines sur une profondeur dans les terres variant entre 300 m et 600 m.Au port, un mur antichar de près de 150 m de longueur et des bunkers reliés par des tranchées de communication, sont construits en 1943 sous maîtrise d’ouvrage de l’Organisation Todt. Orienté vers l’ouest, un bunker - casemate de type 612 abritait un canon de 7,5 cm (10,5 cm selon le Rapport Pinczon du Sel) tandis qu’un encuvement dominant le port et la chaussée de l’île Callot a reçu un canon antichar de 5 cm KwK (abréviation de KampfWagenKanone, ""canon pour véhicule de combat""). Derrière l’encuvement sont implantés deux bunkers - abris enterrés, respectivement baptisés ""Edda"" et ""Erika"" (ils sont connus par des photographies de propagande). Implanté sur le mur antichar, une casemate bétonné pour mitrailleuse contrôle les accès depuis la grève du port.Du côté de la pointe septentrionale du port, un mur percé d’un créneau contrôlait la Grève Blanche. Des maisons du port étaient réquisitionnées : certains murs de clôture ont ainsi été percés de créneau de défense.Ce ""nid de défense"" (Widerstandsnest), numéroté 83 appartenait au groupe défensif côtier de Morlaix (Küsten-Verteidigungs-Gruppe, abrégé ""KVGr""), sous-groupe de Roscoff. Cette position d’infanterie avait pour objectif la défense du Port de Carantec et du chenal de la Penzé contre un débarquement.Après-guerre, le Rapport Pinczon du Sel mentionne la présence d’une ""casemate de 105 [mm]"", de ""quatre blockhaus"", d’une ""plate-forme pour matériel de 50 mm"" et de deux ""niches pour mitrailleuses"". La casemate est décrite comme ""très endommagée"".