Commentaire concernant la datation
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Description historique
L'intérêt du mouillage situé à l'est de l'île de Penfret est reconnu depuis le 18e siècle. En 1755, en même temps que son projet pour le fort Cigogne, l'ingénieur La Sauvagère propose déjà une batterie sur Penfret, sans suite. Malgré la construction du fort Cigogne entreprise en 1755, l'archipel est toujours fréquenté pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire par les corsaires et les croisières de blocus anglais qui occupent régulièrement le mouillage de Penfret, hors de portée de l'artillerie du fort. La nécessité d'occuper militairement Penfret est réaffirmée par les commissions de défense de 1818, 1825 et 1836. Logiquement, la "Commission mixte d'armement des côtes de la France, de la Corse et des îles"" de 1841 renouvelle cette préconisation. En complément de la modernisation du fort Cigogne, elle demande la construction d'une batterie sur Penfret, associée à une tour crénelée n° 1 devant servir de réduit à cette batterie mais aussi à l'île toute entière, selon une formule appliquée aussi à l'île Dumet, par exemple. La batterie doit être armée de trois canons de 30 livres, trois obusiers de 22 cm et deux mortiers de 32 cm. En plus des 40 servants de ces pièces, le réduit accueille un poste de 20 fantassins. Des débats concernant la localisation précise du mouillage font modifier plusieurs fois le tracé de la batterie dans les projets. La présence du phare de Penfret, mis en service en 1838 sur l'emplacement prévu pour le réduit, pose également problème. Il est en effet inenvisageable pour les ingénieurs militaires d'implanter un ouvrage qui soit dominé à courte distance. La solution retenue est d'intégrer le phare au réduit en l'entourant d'une enceinte reliée au corps de garde crénelé pour 60 hommes substitué à la tour initialement prévue. Les travaux commencent en 1858. En janvier 1859 l'épaulement de la batterie est presque achevé et l'excavation du réduit est commencée. Batterie et réduit sont achevés en 1860. A la fin de l'exercice 1861 seules les deux plates-formes pour mortiers sont encore à faire. Un accord à l'amiable entre le Génie et le propriétaire des parcelles de terrain nécessaires à la construction de la batterie et du réduit est signé en 1858. François-Adolphe Théroulde, propriétaire des Glénan, cède ces parcelles gratuitement en échange de la rétrocession des terrains dès que leur usage militaire cesse et de l'interdiction aux occupants de l'ouvrage de mener des activités économiques. Cet accord n'est cependant pas validé par le ministère de la Guerre, et Théroulde est exproprié en 1859 moyennant 4000 francs d'indemnité. La présence d'un poste de défense contre les sous-marins (PDCSM) armé de deux canons de 90 mm est mentionnée sur l'île de Penfret en 1918.Au début de la Seconde Guerre mondiale, un petit détachement est présent sur l'île pour la surveillance du câble la reliant au continent. Une batterie de circonstance de quatre canons de 95 mm est également en place depuis 1939. Durant l'Occupation, les Allemands utilisent le corps de garde crénelé comme casernement pour les servants de deux pièces antiaériennes installées sur les glacis du fort. Ils démontent une des bretèches pour jeter une passerelle au dessus du fossé. Propriété des Phares et Balises, le réduit est restauré depuis 2012 par l'association Plein Phare sur Penfret, qui dispose d'une autorisation d'occupation temporaire. La batterie, propriété du Conservatoire du littoral, reste à l'abandon.